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Flore, un film de Jean-Albert Lièvre, au cinéma le 24 septembre 2014

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 22/09/2014

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Flore affiche du filmFlore vient de fêter ses 77 ans, entourée de ses proches, dans sa maison familiale à Lumio, en Corse. Quoi de plus normal ?

A priori rien. Sauf que Flore est atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Et qu’il y a trois ans, ses enfants ont décidé de la sortir de la maison de retraite, où surmédicalisée, ils la voyaient dépérir et son état se dégrader à une vitesse fulgurante.
Devenue très agressive, elle se battait avec le personnel et les résidents. On menaçait même de l’enfermer dans une unité psychiatrique close.
Elle déambulait dans les couloirs, cassait ses affaires, restait recroquevillée et prostrée dans un coin de sa chambre. Après seulement quelques mois dans ces établissements (la famille en a testé deux), ses jambes étaient couvertes d’escarres, elle ne savait plus manger seule, ne pouvait plus marcher, se lever, parler, ne dormait plus…

Alors Florence et Jean-Albert, deux de ses enfants, ont décidé de s’occuper d’elle. Contre l’avis du médecin traitant, ils la font revenir à Lumio, en Corse, dans sa maison de montagne. Entourée d’une aide à domicile tibétaine la nuit, d’aide médico-psychologique, mais aussi de deux infirmiers, d’un kinésithérapeute, elle va progressivement tout réapprendre. A son arrivée, elle ne pesait plus que 39 kg. Dénutrie, elle ne marchait plus, explique Jean-Albert, aussi le réalisateur de ce magnifique documentaire. Il a fallu adapter la maison (Flore est arrivée en fauteuil roulant) et imaginer une organisation 24 h sur 24″. Une organisation qu’il a la chance de pouvoir financer. Grâce à la bonne retraite de Flore d’abord mais aussi grâce à la volonté, la disponibilité et l’énergie de ses nombreux interlocuteurs.

Ce film de 92 minutes, qui avance à pas hésitants, trébuche parfois, bégaie et bute sur les mots, tout comme Flore, est une ode à la vie et à la solidarité familiale. D’une grande poésie, les plans sont beaux, la lumière caressante, il se veut surtout un message d’espoir. Car face aux 850 000 malades d’Alzheimer, les réponses proposées par les institutions sont encore insuffisantes. Et peinent à convaincre.

Jean-Albert Lièvre est conscient de la gêne dans laquelle il place les professionnels qui doivent répondre à des injonctions diverses et contradictoires notamment liées au manque de moyens, humains et financiers, aux habitudes et pratiques des maisons de retraite difficiles à bousculer, aux problèmes de rentabilité, de vie en collectivité…
Pourtant le réalisateur se défend d’avoir réalisé un film à charge. J’ai voulu montré que peut-être des solutions différentes existent. Que le prendre soin nécessite de se réinterroger sur nos pratiques, sur ce que nous voulons vivre, ce qu’il est acceptable et surtout ce que nous devons refuser parce que c’est simplement inhumain.

Alors oui ce film est dérangeant. Mais il est porté par les sourires de Flore, et les immenses surprises qu’elle nous réserve tout au long du film, et notamment à la fin… Une fin que nous serions cruels de dévoiler ici tant il procure d’espérance et de soulagement pour tous, malades, familles, proches, mais aussi soignants…

Courez donc découvrir ce magnifique film, qui a d’ailleurs reçu le prix du meilleur documentaire au Festival du film français de Los Angeles en avril 2014.

Au cinéma dès le 24 septembre.

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