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Aidants : 8 millions de personnes en difficulté

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 06/10/2014

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Un rappel à l’occasion de la journée nationale des aidants

A l’occasion de la Journée nationale des aidants qui a eu lieu lundi 6 octobre, il n’est pas indifférent de rappeler que les aidants familiaux représentent 8 millions de personnes et qu’ils souffrent de problèmes de santé liés à leur état.

« Anxiété, dépression, angoisse, épuisement moral »… sont dans 90% des cas, les symptômes affichés par les aidants familiaux qui consultent un médecin. Les troubles du sommeil (un cas sur deux) viennent ensuite. Ces statistiques sont issues d’une enquête menée en 2006 par la Fondation Médéric Alzheimer. Les aidants qui avaient consulté étaient dans les deux tiers des cas le conjoint du patient (les enfants dans le tiers restant) et dans trois cas sur quatre des femmes. 

On estime –les statistiques fiables n’existent pas– que la France compte 8 millions d’aidants familiaux et que la moitié au moins se consacre à un proche âgé. Au fur et à mesure que les politiques publiques déportent le poids de la prise en charge du handicap (surtout quand il est lié à l’âge) sur la famille, il est bon de rappeler que la charge de travail liée à ce rôle d’aidant est estimée à plus de 6 heures par jour pour 70 % des conjoints et pour 50 % des enfants. Nombre d’entre eux déclare ne plus avoir de temps libre. Les aidants bénéficient de peu d’aides. Un tiers d’entre eux n’en a même pas du tout. 
Quand le proche aidé réside à domicile, la demande d’aide porte le plus fréquemment sur une majoration de l’aide ménagère, qui n’est présente qu’une fois sur quatre. Lorsque le patient est institutionnalisé, la demande est plutôt d’ordre financier.
Le poids de l’aide familiale est tel qu’il n’est pas dénué de conséquences sociales et surtout sanitaires. En 2010, la Haute autorité de santé a publié un certain nombre de « recommandations » (Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : suivi médical des aidants naturels) concernant le suivi médical des aidants familiaux quand ils sont confrontés à la gestion d’un proche victime de la maladie d’Alzheimer. Il s’agissait d’aider les médecins à avoir le bon réflexe face à ce genre de situations.

Les pathologies développées par les aidants et recensées par la HAS suite à une compilation de toutes les études médicales sur le sujet sont :
- Un niveau élevé de stress
La HAS note que l’anxiété très élevée de l’aidant est corrélée à un important niveau d’épuisement. « Lors d’une méta-analyse publiée en 2003, Pinquart et Sörensen ont analysé 84 articles comparant le niveau de stress perçu par des aidants et celui ressenti par des témoins. Les aidants se sentaient significativement plus stressés (g = 0,55), plus dépressifs (g = 0,58), avec un sentiment subjectif d’être en moins bonne santé que les témoins (g = — 0,4). Cette différence était encore plus importante pour les aidants des patients déments toujours comparativement aux témoins”.
- Épuisement de l’aidant et troubles dépressifs
« Dans une revue de la littérature réalisée en 2000, Yee et Shultz avaient noté que les aidants féminins avaient plus de chance de développer un trouble dépressif ou psychiatrique que les aidants masculins ». L’utilisation d’antidépresseurs et aussi d’anxyolitiques est également développée. 

Une majoration du risque de dépression est notée même lorsque le patient était en hébergement (soins de longue durée, EHPAD). Parmi les facteurs de risque on retrouve : 
  • le niveau de dépendance du patient ;
  • l’état de santé de l’aidant ;
  • un manque de repos ou de temps libre.
Un aidant sur deux était à risque de développer une dépression suite à l’entrée en institution de son proche. Cette période de transition entre le domicile et l’entrée en institution du malade est donc particulièrement difficile à vivre pour l’aidant.

Troubles du sommeil
Les aidants de patients ayant une maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée présenteraient également des troubles du sommeil. Trois facteurs expliqueraient ces troubles du sommeil :
- la survenue de réveils nocturnes répétés du fait de la nécessité de réaliser des soins auprès du patient dément ou la survenue de réveils nocturnes du patient ;
- l’existence d’un trouble dépressif ou d’un épuisement de l’aidant ;
- l’état de santé du patient.
- le regard porté sur les soins et l’équipe soignante.

Un sondage réalisé par l’Institut français des seniors et rendu public le 4 octobre indique que 41% des seniors interrogés ont encore la chance d’avoir l’un de leurs parents (31%) ou les deux (10%). Parmi ces seniors près d’un sur deux (46%) a des parents en perte d’autonomie.
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