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France Parkinson affirme que la prise en compte des effets secondaires des médicaments n'est toujours pas optimale

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 06/10/2014

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Depuis 2011, les patients sont toujours aussi désemparés

En 2011, les effets secondaires des médicaments anti parkinsoniens, mal connus des patients et des médecins, font scandale. En 2014, France Parkinson constate que la situation sur le terrain de la prescription n’a guère évolué.

Début 2011, Didier Jeambart, patient atteint de la maladie de Parkinson avait intenté un procès au laboratoire GlaxoSmithKline pour défaut d’information concernant les effets secondaires des médicaments qui lui avaient été prescrits. Monsieur Jeambart avait souffert d’une addiction au jeu qui avait ruiné sa famille.

L’association France Parkinson, sans remettre en question le rôle et l’importance des médicaments dans le traitement de la maladie, a voulu savoir si les troubles comportementaux liés à ces traitements étaient mieux pris en compte et dépistés. Une étude finalisée en 2014 dévoile en réalité l’inertie du corps médical à prendre en compte la réalité des effets indésirables des médicaments homologués contre cette terrible maladie. 
Mathilde Laederich, directrice de l’Association France Parkinson, explique que depuis 2011, date à laquelle l’Afssaps a diffusé une information sur les effets indésirables des médicaments antiparkinsoniens, peu de choses ont bougé. Certes, écrit-elle, les neurologues sont aujourd’hui sensibilisés aux effets secondaires parfois néfastes des traitements antiparkinsoniens, « les informations sont sur les notices, sur internet, et les personnes atteintes peuvent déclarer elles-mêmes sur le site de l’Agence de sécurité du médicament (Ansm, ex-Afssaps) ». Mais ajoute-t-elle, c’est « largement insuffisant : des médecins ignorent encore ou sous-évaluent ces effets secondaires ; d’autres ne semblent pas alerter suffisamment les patients. Enfin, tout reste à faire pour conseiller les personnes en plein désarroi ».
Le Pr Pierre Pollak, président du comité scientifique de France Parkinson, s’est aussi déclaré « surpris de constater que le problème de ces effets secondaires est persistant ». Il en attribue la cause au fait « que les consultations neurologiques (surtout de médecine générale) sont trop brèves et ne comportent pas encore de volet comportemental alors que maintenant c’est pratiquement de l’ordre du médico-légal. C’est-à-dire que tout médecin qui prescrit un agoniste dopaminergique ne peut le faire s’il ne connaît pas les comportements du patient ».
Aujourd’hui, des questionnaires existent qui permettraient, s’ils étaient utilisés, de mettre en lumière les troubles du comportement liés à la prise des médicaments anti dopaminergiques. Or explique-t-il, « les études montrent que le trouble atteint un niveau pathologique chez 17 % des patients traités »… « Tout patient qui prend un agoniste dopaminergique doit parfaitement en connaître l’effet” conclue le Pr Pollak. 

Antoine Béguin, avocat de Didier Jambart regrette lui aussi le manque d’une « information transparente sur les effets indésirables de ces thérapies… Nous sommes en 2014 et il n’est pas une semaine sans que je reçoive encore des appels de malades ou des proches me faisant part du calvaire enduré par tel ou tel effet. Comment cela est-il encore possible ? »
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