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Les maisons de retraite sont des lieux de dénutrition

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 30/03/2015

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Une enquête de l’UFC Que Choisir

On le savait déjà mais l’UFC-Que Choisir confirme : les ehpad sont des lieux de dénutrition.
Le numéro d’Avril 2015 de la revue Que Choisir confirme les quelques enquêtes déjà menées par certaines Agences régionales de santé : trop de résidents en ehpad souffrent de dénutrition, L’enquête diligentée par l’association de défense des consommateurs dans 88 établissements montre que « la dénutrition touche entre 15 et 38% des résidents, soit entre 100 000 et 200 000 personnes ». 
La dénutrition se définit comme une « pathologie résultant de la moindre capacité à extraire de l’alimentation les nutriments nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait penser intuitivement, les besoins des séniors en nutriments sont supérieurs à la population générale. Or si ces besoins ne sont pas couverts, ces carences peuvent causer l’apparition de problèmes de santé graves : perte d’autonomie, déficit immunitaire, infections, escarres, fractures … Ainsi, pour une personne dénutrie, le risque de mortalité se trouve multiplié par un facteur allant de 2 à 4 et le risque de maladies est multiplié par un facteur de 2 à 6 ».
L’UFC-Que Choisir a interrogé les résidents de 43 EHPAD et analysé les menus de 88 autres établissements répartis dans 48 départements de France. Les résultats de Que Choisir sont hétérogènes mais le constat d’ensemble est accablant : les menus des ehpad sont mal équilibrés, proches de la négligence alimentaire : pas assez de poisson, de viande non hachée, ni de fruits crus en dessert. 
Parmi les établissements analysés, plus d’un sur cinq sert des plats du type nuggets ou burgers, sans rapport avec les traditions culinaires des générations concernées. Dans un sur quatre, aucune alternative n’est proposée si le plat principal ne plait pas. 
Dans les Ehpad, le budget consacré à l’achat des aliments (entre 330 euros et 400 euros par mois suivant le mode de gestion) n’est pas suffisant”, assure Olivier Andrault, chargé de mission pour l’association. Selon plusieurs études, il faudrait compter au moins 1,70 euro par repas. On est loin du compte”.
Les causes de cette désorganisation nutritionnelle ne tiennent pas seulement à une compression budgétaire. « Dans trop d’EHPAD l’organisation du personnel prime sur les horaires des repas. De fait, aucun des établissements étudiés n’est conforme à l’ensemble des recommandations horaires. Dans le but de limiter les heures de présence du personnel, les grilles horaires sont fortement contractées en fin de journée. Ainsi le dîner est servi à 18h25 en moyenne, le record étant 18h00 ! Mais en servant le dîner trop tôt, on rallonge la période de jeûne nocturne qui est trop longue pour 80 % des établissements ! »
Que Choisir relève aussi que le suivi nutritionnel est également insuffisant : seuls 7 établissements sur les 88 observés font intervenir chaque mois un diététicien. 
Le but de cette enquête est de tirer la sonnette d’alarme : « c’est aux pouvoirs publics de fixer un cap, un cadre réglementaire précis pour un équilibre alimentaire garanti, contrôlé chaque année par les Agences régionales de santé”, affirme Que Choisir qui ajoute : « les Pouvoirs Publics sont, en théorie, censés s’intéresser à la qualité nutritionnelle des repas. En effet, ce type d’établissement doit obligatoirement signer une convention tripartite avec l’Agence Régionale de Santé et le Conseil Général, sur la base d’un modèle de cahier des charges qui inclut explicitement la qualité nutritive’ des repas parmi les indicateurs à suivre. Mais le Conseil National de l’Alimentation (CNA) estime que le mode de facturation spécifique aux EHPAD limite cette incitation. En effet, les Pouvoirs Publics (Assurance maladie et Département) ne financent pas les frais d’alimentation et ne sont donc pas directement intéressés à la qualité de cette prestation ».
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