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La Fontaine avait-il déjà tout dit ?

Auteur Rédaction

Temps de lecture 1 min

Date de publication 30/11/2015

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Bernard PradinesSi l’on en croit les clichés « clefs en main » qui circulent ici et là, il conviendrait « d’ajouter de la vie aux années et non des années à la vie ». Sans que personne ne puisse dire clairement qui est responsable d’une situation où nombre de personnes âgées vivent longtemps dans une qualité de vie qui semble mauvaise à l’observateur, pas forcément à la personne concernée.

De plus, il est souvent affirmé que la vieillesse n’est pas une maladie. En oubliant de dire que la vieillesse s’accompagne bien plus souvent de maladies que l’âge adulte. De là à considérer toute acte médical comme un acharnement thérapeutique, il n’y a qu’un pas qui est parfois allègrement franchi. 

Cette idéologie est actuellement très puissante en France. Elle trouve ses racines dans les limites de la médecine et, paradoxalement, dans l’attente irrationnelle vis-à-vis d’elle. Accusée de « faire vivre » indûment des personnes âgées dans des conditions peu enviables, celle-ci peine à se défendre en reconnaissant humblement son impuissance à contrôler notre devenir. 
En effet, l’allongement récent de la durée de la vie est loin d’être le fait exclusif des progrès médicaux. Il est d’abord lié à des facteurs extérieurs à la médecine tels que les conditions de travail et de logement, l’équipement domestique (réfrigérateur et lave-linge en particulier), l’eau courante, l’évacuation des déchets ou le moindre nombre des accidents de la route.
Quant à la qualité de vie, comme évoqué ci-dessus, sa définition doit toujours appartenir à celui ou à celle qui en est détenteur. Jamais aux économistes qui estimeront aisément que notre survie est superflue car non rentable. Dans ce domaine, la médecine tente de prévenir la dépendance et de traiter les inconforts sans être assurée d’être toujours efficace.
C’est en relisant deux fables de Jean de La Fontaine que je me situe au plus près de mon propos : « la mort et le bûcheron » et « la mort et le malheureux ».
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