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Liberté, égalité, fraternité pour les personnes âgées

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 14/12/2015

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Deuxième chapitre : égalité

Bernard Pradines
L’heure est à revisiter les valeurs fondamentales de la République. Chiche !

Nous sommes tous égaux devant la loi et nul n’est censé l’ignorer. Aïe, comment faire si je suis vieux, malade et isolé, pas forcément « branché » ? Des indications portées en tous petits caractères ou bien un défilement rapide sur un écran de télévision sont indéchiffrables pour la quasi-totalité de nos aînés. Ma dernière visite dans une administration : un vieux monsieur ne sait pas taper son nom sur le clavier d’un ordinateur, sésame devenu obligatoire pour être reçu par une préposée qui s’égosille à nous signifier ce préalable derrière son comptoir. Plus généralement, la plupart d’entre nous ne savent pas encore parler à une personne malentendante, ce qui est générateur d’exclusion progressive de la relation sociale.
La proportion des personnes âgées dans la population s’accroit lorsque l’on s’éloigne des zones urbaines. Or, ce sont des lieux qui connaissent une désaffection des services publics, y compris ceux de la santé. Peu rentables, ces vastes étendues de territoire n’attirent pas les investisseurs privés qui les délaissent pour des placements concernant des populations plus nombreuses et moins démunies.
Avant 60 ans, si vous êtes dépendant, vous êtes qualifié d’handicapé et bénéficiez de prestations environ deux fois moins indigentes que lorsque vous avez dépassé cet âge car vous serez alors devenu « dépendant » ou, pire qualificatif, « en perte d’autonomie ».
Bien que nos concitoyens soient hostiles à une stricte égalité de toutes les pensions de retraite, la notion de minimum acceptable n’est pas encore entrée dans la réalité. Rester à domicile le plus longtemps possible dépend beaucoup des possibilités financières. De même, chacun sait que l’accès aux soins est surtout compromis dans des domaines cruciaux au grand âge : l’optique, l’audition et la santé dentaire. Sans parler du tarif des établissements d’hébergement et de soins lorsque ce recours s’avère indispensable.
Au risque de choquer le lecteur, je ne suis pas favorable à des différences de tarifs dans les transports ou au cinéma, pour ne citer que deux exemples dont je bénéficie désormais. Par contre, des personnes en difficulté financière, situation fréquente chez les personnes âgées, se devraient d’y être aidées par la solidarité nationale.
S’il semble légitime de s’interroger sur les capacités de conduite automobile de personnes souffrant de maladies, absorbant des traitements médicamenteux risqués ou présentant des déficiences plus ou moins compatibles avec la sécurité routière, le fait de cibler les seules personnes âgées aboutirait à une discrimination. Ces considérations ne m’empêchent pas de souscrire à une évaluation systématique des aptitudes de toutes les personnes susceptibles de présenter un danger identifié pour elles-mêmes ou pour les autres usagers.
Enfin, les représentations mentales sont à elles-seules des sources d’inégalité dans la considération des personnes âgées.
Une idée reçue qui ne fait pas que des amis : les vieux sont conservateurs et votent massivement à droite. Oups ! Pas tous…
Selon l’Observatoire français de l’Agisme, « les préjugés et stéréotypes liés à l’âge sont nombreux et sont fortement ancrés dans les consciences collectives : les jeunes seraient passifs, non motivés, voire violents. Les vieux seraient oisifs et égoïstes, avant de devenir malades et « dépendants » ! »
Sapristi !



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