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Edito : maltraitance reconnaître les signaux d'alerte

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 25/01/2016

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Annie de VIvieLes faits de maltraitance révélés par des élèves proches de plusieurs lycéennes en stage en maison de retraite médicalisée font froid dans le dos.

Logiquement on se demande pourquoi les professionnels de l’établissements n’ont pas vu et stoppé net ces agissements dégradants envers des résidents malades, désorientés, vulnérables. Certes il ne s’agit pas d’actes de violence physique comme l’a précisé la ministre chargée des personnes âgées Laurence Rossignol. Encore faut-il laisser l’enquête se dérouler, et en tous cas il y a eu atteinte à l’intégrité et la dignité de résidents.

Quels sont les signaux d’alerte ?
A mon avis ce sont de brusques changements d’humeur (une attitude renfermée alors que les sourires étaient de mise), des revirements dans les habitudes de vie (refus de sortir de la chambre, de s’alimenter, de vaquer à ses occupations favorites). Des gestes de peur et de protection de soi quand on frappe à la porte ou quand quelqu’un s’approche sont des signes.
La crainte de parler, les regards apeurés doivent aussi alerter (la peur de représailles). Je vous invite à voir mes réponses aux questions de Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymes ce 25 janvier dans le Magazine de la santé (France 5).

En cas de doute, il ne faut pas hésiter à en parler.
A
la direction tout d’abord. C’est elle qui est garante des valeurs et chartes affichées. Elle doit être très claire sur la qualité du prendre soin qu’elle propose et exige, avec une tolérance zéro pour tout acte déviant. Elle mettra en oeuvre une organisation, des formations, des temps d’analyse adaptés, des contrôles et des sanctions si cela est nécessaire. On sait que les tensions budgétaires peuvent épuiser des équipes. Mais l’objet d’une structure est de garantir l’accueil et la sécurité des résidents.

L’ouverture sur l’extérieur est un garde-fou.
Plus la structure est fermée, verrouillée, plus le risque est grand de dérapages sans controle, de prise de pouvoir sur les plus vulnérables. Des regards extérieurs quotidiens, ceux des visiteurs, des familles, des bénévoles, des associations, des élèves des écoles, des artistes… sont autant de contrôles tacites (cf. l’alerte donnée par les élèves quand ils ont vu les vidéos scandaleuses postées par les stagiaires incriminées).
Des évaluations régulières par des tiers mandatés sont nécessaires : évaluations externes, certification (Afnor, Qualicert), label Humanitude…
L’annuaire Agevillage repère ces démarches et permet aux résidents, aux familles de donner leur avis sur la maison de retraite.

N’hésitez pas à échanger avec l’association des familles, avec les membres du conseil de la vie sociale, mais aussi avec le 3977 (Allo Maltraitance : numéro d’appel national), pour vous rassurer ou entamer une démarche de protection de votre proche. C’est lui la priorité.

Le doute sera le plus souvent levé, sinon tout fait avéré sera consigné (plainte) et soumis à la direction. En cas d’inaction, elle sera envoyée aux autorités de tutelle, jusque la plainte au procureur.

Sinon on parle de non-assistance à personne en danger.

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