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Chanter en EHPAD pour exprimer sa souffrance

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 25/01/2016

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Sur l’air du Déserteur de Boris Vian, le fils d’une résidente en EHPAD écrit au directeur de l’établissement où séjourne sa mère. Comme dans le texte original, il s’agit d’alerter l’opinion, de s’élever en chanson contre une situation inadmissible. Depuis, le morceau a été repris et diffusé par la FNAPAEF (Fédération Nationale des Associations et Amis des Personnes Âgées Et de leurs Familles).

C’est parce que cette chanson nous paraît exposer une grande partie des dysfonctionnements en EHPAD — mais pas tous simultanément — que nous avons voulu sensibiliser le grand public qui ignore ce qui se passe en établissements quand il n’est pas concerné, tout comme il ignore les coûts et bien sûr les dispositions de la récente loi ASV…”, explique Lucien Legeay, secrétaire du conseil d’administration de la fédération.

Pour écouter la chanson



Les paroles :

Monsieur le directeur
de l’hôpital

Monsieur le directeur
Je vous fais une bafouille
Que vous lirez peut-être
Si vous avez des couilles.
J’viens d’avoir un appel au s’cours de ma mère
qui loge dans votre hosto et moi j’en s’rais pas fier
Vous comprendrez peut être le problème que ça m’pose
Ce que m’a dit Maman, ça tient en peu de choses
Quand elle demande de l’aide pour aller aux toilettes
On lui dit d’faire dans sa couche
Qu’on la changera peut-être
Qu’on la changera peut-être

Je pourrais vous dire en restant terre à terre
Qu’tous les gens qui vivent là ont vécu la guerre
Et qu’il méritent sûrement de finir tranquilles
Le peu d’ jours qu’il leur reste et qui défilent
et que vous pourriez faire un p’tit peu attention
A tous ces mauvais traitements qui sont légion
Toutes ces choses anodines qu’ils subissent en leur corps
en serrant les dents
Quand ils en ont encore.
Quand ils en ont encore.

Alors moi je m’demande ce que Maman fait là
Et je culpabilise de lui faire subir ça
Puis j’me dis qu’elle ne doit sûrement pas être la seule
Alors j’me dois aujourd’hui d’ouvrir ma gueule
Car ce que j’vois ici à longueur de temps,
C’est des gens malheureux et ça c’est choquant
C’est comme si on les traitait comme des chiens
Parce qu’ils ont juste besoin d’aide
pour leurs gestes quotidiens
pour leurs gestes quotidiens

J’pourrais aussi vous dire qu’leurs enfants ne disent rien
Car ils ont peur pour leurs parents et c’est humain
Peur de représailles de la part des soignants
Peur qu’ils subissent encore de plus mauvais traitements.
Mais avouez que d’avoir une douche tous les deux mois
ça mériterait de prendre un avocat
Car c’est un vrai scandale et ça n’est pas normal
Imaginez un peu qu’ce soit vous qui soyez là
Oui vous qui soyez là

J’vous parle pas non plus de l’absence de ménage
De la mauvaise ambiance qui règne dans cette cage
Où les résidents restent des proies faciles
Pour tous ceux qui jouent à ce grand jeu débile
Qui consiste simplement à les prendre en otages
A ne s’occuper d’eux que quand on publie une page
Sur les réseaux sociaux car cela vous fait peur
Qu’on dise du mal de vous
sans aucune terreur
sans aucune terreur

Alors moi je vous dis en face qu’il y a incompétence
Que vos grands médecins n’ont aucune conscience
Que vos cadres de santé sont tous incapables
De prendre en compte la souffrance qui ici est palpable
Et qu’si les personnels ne font pas leur boulot
C’est qu’ils sont mal encadrés, ou qu’ils en ont trop
et qu’ceux qui font bien l’boulot pour l’quel ils sont payés
de toute façon
se font maltraiter
se font maltraiter

Monsieur le directeur, Pour finir ma bafouille
J’aurais voulu qu’tu viennes partager une journée
Avec tous ces vieux grâce à qui t’es grassement payé
Pour qu’ tu comprennes leur vie mais j’ t’en crois incapable…
Pour qu’ tu comprennes leur vie mais j’ t’en crois incapable…

À XXXX le 01 Décembre 2015

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