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Salariés-aidants : comment les entreprises peuvent faire le premier pas

Auteur Rédaction

Temps de lecture 5 min

Date de publication 01/02/2016

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aide aux aidants salariésLe phénomène des aidants-salariés s’impose aux entreprises, que ces dernières l’acceptent ou pas. Dans cet article, trois aidants proposent des pistes « gagnant-gagnant » aux entreprises pour accompagner leurs salariés-aidants et diminuer l’impact estimé autour de 1500 euros par salarié-aidant par an en termes de baisse de productivité, absentéisme et remplacements.

1) Que les entreprises le veuillent ou non, le phénomène des salariés-aidants ne fera qu’augmenter

Enquêtes après enquêtes, les chiffres confirment que les salariés-aidants représentent entre 15 et 20 % des salariés des entreprises, un total de 4 millions de salariés-aidants en France. En termes de moindre productivité, présentéisme, absences, temps partiel, démissions et remplacements, le coût pour les entreprises françaises peut être évalué aujourd’hui à 6 milliards d’euros par an (1). Un coût de 1500 euros en moyenne par salarié-aidant. L’allongement de la durée de vie, le recul de l’âge de la retraite ne feront qu’augmenter ce montant pour les entreprises.

2) Quitte à ne pas pouvoir l’ignorer, les entreprises ont intérêt à être proactives et obtenir la confiance des salariés-aidants
C’est l’intérêt des entreprises d’adopter une approche « gagnant-gagnant ». « Gagnant » d’abord pour le salarié-aidant, mais qui le rendra ensuite à l’entreprise, donc « gagnant » pour l’entreprise.

Dans les enquêtes américaines, 40 % des aidants reconnaissent avoir des difficultés à faire leur travail dans les délais impartis, 33 % disent avoir de grandes difficultés à se concentrer sur leur travail, 10 % des aidants disent avoir renoncé à une promotion (2). D’où la nécessité pour les entreprises de faire le premier pas, montrer qu’elles sont avec leurs salariés-aidants, et gagner leur confiance (3). Il faut un véritable leadership de la part des dirigeants de l’entreprise, une culture crédible en faveur des salariés-aidants pour que ces derniers choisissent de s’identifier comme aidants sans peur d’effets négatifs.

3) La stratégie du « faire avec » : les salariés-aidants peuvent se voir confier de nombreuses missions, y compris celle de renseigner les autres collègues. C’est la république des pairs évoquée par Serge Guérin, et adaptée à l’univers de l’entreprise

Evoquée par Serge Guérin dès 2014, la « république des pairs » consiste à s’appuyer sur le fait que les aidants se font confiance et écoutent les conseils échangés entre eux, partagent leurs expériences. D’où l’intérêt des entreprises à faire « AVEC » leurs salariés-aidants, en leur confiant différentes tâches d’information et de conseils pour les autres collègues.

Le cas exemplaire étranger est la société Kimberley Clark (4) : un budget annuel est attribué à un groupe d’affinité interne composé de salariés-aidants, chargé d’informer et d’aider les autres salariés-aidants de l’entreprise. L’entreprise met aussi à disposition des salariés-aidants des experts en évaluation des besoins d’aides des proches. Le « faire avec » consiste aussi à amener les salariés-aidants à proposer leurs propres idées d’aménagements de leur poste ou de leurs horaires (5).

4) Comment les entreprises peuvent faire le premier pas
C’est l’intérêt des entreprises de faire le premier pas vers leurs salariés. Il y a de nombreux « premiers pas » possibles (6) ! Le tout est de commencer par UN premier pas !

Voici trois exemples de « premiers pas » qui pourraient amener un salarié-aidant à avoir confiance et favoriser un bouche à oreille positif entre salariés au sein de l’entreprise :
- la sensibilisation des managers au phénomène des salariés-aidants, à leur rôle clé pour aider le membre de leur équipe qui est en situation d’aidant(7) ;
- une politique intensive de communication interne sur l’information mise à disposition des salariés-aidants et son accessibilité, la mise en avant des expériences réussies d’adaptation des temps de travail ou des modalités de travail, ou encore des aides apportées par l’entreprise à ses salariés-aidant ;
- le rôle proactif confié aux directions des ressources humaines pour aider les salariés-aidants, le renforcement de l’autonomie des responsables directs pour qu’ils puissent prendre des mesures en faveur de l’aménagement du temps de travail d’un collaborateur aidant (8).

5) Les PME et les TPE pourraient s’appuyer sur des formes de mutualisation locales mises à leur disposition
Les PME, et encore plus les TPE, ne disposent pas des moyens nécessaires au suivi de l’actualité concernant les aidants, à l’information de leurs propres salariés-aidants, et font face aux difficultés d’adaptation de l’organisation pour répondre aux absences des salariés-aidants. A défaut d’une réponse simple sur le point de l’organisation, le suivi de l’actualité, l’information et les conseils nécessaires aux salariés-aidants se prêtent en revanche parfaitement à la mutualisation locale. Institutions de prévoyance, caisses de retraite, mutuelles et assureurs santé ont à ce titre une opportunité de différenciation en intégrant dans leurs services aux entreprises ces informations et conseils nécessaires aux aidants. Dommage que rien de tel ne soit encore proposé aux PME et TPE.

Robert S., Jean-François, aidants et intervenants en entreprises auprès de salariés-aidants,
Thérèse, Respectauxaidants, salariée-aidante.



Sources
(1) Par transposition des chiffres constatés dans d’autres pays : aux Etats-Unis, le coût annuel pour les entreprises est évalué à 38 milliards de $, un coût de 1727 $ par salarié-aidant ; au Canada, le coût pour les entreprises est évalué à 5,5 milliards de $ canadien chaque année, un coût de 1969 $ par salarié-aidant ; en Angleterre, le coût annuel pour les entreprises est évalué à 3,5 milliards de £, un coût de 1166 £ par salarié-aidant.
(2) Enquête Ceridian, 2015.
(3) L’enquête présentée par la Macif en octobre 2015 montre que plus de 50 % des salariés-aidants pensent que se déclarer aidant au sein de leur entreprise peut leur nuire.
(4) Comment accompagner les salariés aidants”? L’exemple de Kimberly-Clark
(5) Salarié-aidant : Quels avantages proposer à l’entreprise en contrepartie d’aménagements de modalités de travail ?
(6) Dix initiatives en faveur des salariés-aidants
(7) L’enquête 2015 Ceridian montre que seulement 12 % des salariés-aidants interrogés ont obtenu par leur responsable direct les informations sur les aides apportées au sein de l’entreprise et les liens extérieurs utiles.
(8) La « charte du salarié-aidant en entreprise »

Et bien sûr le site d’information www​.agevillage​.com, ou encore MonAgevillage, une plateforme destinée aux entreprises pour leurs salariés aidants.

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