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La danse s'invite à l'hôpital

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 22/03/2016

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Sirtaki au chevet des patients par la compagnie ACM BALLETCe n’est pas de l’art-thérapie, mais bien un spectacle de danse, répété dans chaque chambre pour le plaisir des patients. Différent chaque mois, il n’a d’autres vocations que de soulager la douleur et d’offrir un moment de bien-être. Reportage à l’Hôpital des Diaconesses avec la compagnie ACM Ballet.

Ils sont 4. 4 danseurs professionnels d’origines diverses (classique, jazz, contemporain, cabaret) à alterner ce jour pas de deux” et sirtaki dans les chambres des services de gériatrie, d’oncologie ou de soins palliatifs de l’Hôpital des Diaconesses à Paris.

Si l’initiative a de quoi surprendre, elle est pourtant bien installée. Depuis quelques années en effet, un après-midi par mois, les danseurs frappent délicatement aux portes pour proposer, gratuitement pour les patients, une représentation d’une dizaine de minutes. Si certains refusent, beaucoup se laissent convaincre par le sourire et la générosité des danseurs. En quelques minutes, l’espace est dégagé, la télévision est éteinte, le vase éloigné… Les danseurs se lancent, captant le regard des malades, de leur famille parfois, des soignants curieux qui se pressent devant la porte en souriant. Leur professionnalisme leur permet d’évoluer dans des espaces restreints, et sans gêner le fonctionnement des services…

Les chorégraphies, 3 en général, toutes de registres différents, s’enchaînent chambre après chambre. Seule l’interprétation diffère, modulée en fonction de l’état du patient, de sa réceptivité, de sa fatigue. « Nous pouvons proposer une adaptation lente sur une musique dynamique », explique Valérie Martel, responsable des projets de la compagnie ACM Ballet en milieu hospitalier. « L’espace est réduit, mais l’essentiel est dans le regard, dans le plaisir des patients et dans l’émotion suscitée. Les danseurs communiquent beaucoup. Ils sourient, interpellent les malades, leurs familles, parlent des danses qu’ils ont interprétées. »

Et ça marche. Louisa se calme, se met à sourire, à applaudir. Son amie présente ce jour-là à ses côtés confie. « Elle était en grande souffrance, et il semble que le passage des danseurs l’ait apaisée. »


Le sirtaki dans la chambre de Louisa

Dans les services d’oncologie ou de gériatrie, il n’est pas rare de retrouver les mêmes patients.
C’est souvent une joie pour eux de revoir les danseurs, un moment de détente.

L’accueil des malades, Violetta, 82 ans, ex danseuse puis Simone

La compagnie ACM Ballet est aujourd’hui bien connue des services et évolue en toute confiance dans ses établissements partenaires, autour de 95 journées par an, sans restriction de spécialités. Cette action est menée dans le cadre de contrats de travail pour les danseurs. Les projets à l’hôpital font l’objet de montages financiers où interviennent les établissements , des mécènes, des subventions.
Créée en 1989 pour promouvoir la danse sous toutes ses formes, c’est en 2005 qu’elle réalise ses premières représentations à l’hôpital. Mais très vite, elle propose de se rendre directement au chevet des patients pour permettre à ceux qui ne peuvent plus se déplacer de profiter de ses représentations. Les danseurs rencontrent ainsi des personnes fragilisées par la maladie ou l’isolement, proposant de nouveaux liens et sujets d’échanges avec les soignants.



Une bouffée d’oxygène pour les patients mais aussi pour les soignants

Pour Guylaine Jules, Ide chef Unité de gériatrie aigüe Diaconesses « Cette initiative culturelle est bien accueillie au sein du service, aussi bien des patients, des visiteurs que des personnels qui n’hésitent pas à participer activement. D’un commun accord, l’équipe soignante considère que cette initiative place le patient sur un autre registre que celui de la maladie. Situation qui est omniprésente à l’hôpital.
Les ateliers de poésie, concerts (violoniste) et de danse sont des actions qui participent à enrichir et renforcer la dimension humaine au sein de l’hôpital. Notre service accueille des patients de plus de 75 ans souvent dans un contexte d’une décompensation pathologique aiguë. Dans certaines situations, les patients se trouvent dans un quasi-isolement social et/​ou sont incertains quant à leurs devenirs (retour à domicile possible ?). Ces instants sont des espaces de détente et d’échange pour les patients. Cela contribue à créer une respiration durant leur séjour. »





Le projet vu par les médecins et la cadre de santé


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