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Maison de retraite clandestine du Tarn-et-Garonne : l'éclairage de Pascal Champvert

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 08/08/2016

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L’affaire a fait grand bruit la semaine dernière : alertée entre autres par des familles, la préfecture du Tarn-et Garonne a fait évacuer la « maison des seniors » de Septfonds, pour « manquements graves, mettant sérieusement en cause la santé, la sécurité et le bien-être physique et moral des personnes âgées hébergées dans cette structure ».

L’endroit, présenté comme « une alternative à la maison de retraite », une « colocation », n’avait pas de statut de maison de retraite ou de résidence services, et n’avait donc jamais été inspectée par les services de l’Etat.

Suite aux signalements, une inspection menée par l’Agence régionale de santé, le conseil départemental de Tarn-et-Garonne, l’inspection du travail et la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations a eu lieu le 5 juillet.

Elle a notamment mis en lumière des locaux et des équipements inadaptés aux personnes vulnérables (problèmes d’accessibilité, de sécurité) et des normes d’hygiène non respectées. Pour le préfet, l’évacuation des habitants constituait « une mesure pour les mettre hors de danger ».

Dix personnes âgées de 68 à 93 ans, dont deux en grande perte d’autonomie, y résidaient jusqu’au 27 juillet. La maison est définitivement fermée, une enquête pénale diligentée.

Trois des anciens « colocataires » ont retrouvé leurs familles, les sept autres ont été transférés dans un centre hospitalier.

Une situation heureusement très rare, indique Pascal Champvert

Pascal Champvert

Pascal Champvert, président de l’association des directeurs au service des personnes âgées (AD-Pa), souligne que ce genre de situation est heureusement très rare. Pour lui, l’événement est symptomatique des difficultés rencontrées par les personnes âgées et leurs familles, mais aussi les personnels et les directeurs d’établissement. Il nous livre son analyse.

Est-ce le tarif (1300 à 1500 euros par mois) qui les a conduites à choisir la « maison des seniors » ?

« Quand on leur a parlé d’un bon accompagnement pour un tarif bien moins cher qu’un établissement, je comprends tout à fait qu’elles aient eu envie d’y croire ! En établissement, le système tarifaire est très complexe, c’est un système fou : une aide-soignante à domicile est remboursée à 100 % par la sécurité sociale à domicile, mais seulement 70 % en maison de retraite. »

Les personnes âgées et leurs familles avaient-elles, selon vous, conscience des problèmes que posait cette maison ?

« La réglementation est tellement complexe, notamment en matière de tarification, qu’il est tout à fait compréhensible que le grand public ne comprenne pas la différence entre une résidence services, une résidence autonomie et un Ehpad. Il faudrait simplifier les dispositifs, les tarifs, les dénominations… »

Quand on se tourne vers une solution non agréée, quels sont les risques pour la personne âgée fragilisée ?

« La question majeure n’est pas celle du risque, mais celle de l’envie de la personne. Certaines d’entre elles sont heureuses à domicile, d’autres seraient bien mieux en collectivité, je pense à des personnes en situation de grand isolement par exemple.

Mais il y a le problème du coût, d’une part, et d’autre part la rigidité du système. Les résidences autonomie par exemple ne peuvent pas accueillir de personnes très dépendantes, en Gir 1, alors qu’elles peuvent rester à domicile.

Il faudrait créer des structures qui permettraient de regrouper les domiciles, ce qui se fait avec succès au Danemark notamment. »



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