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Jardin thérapeutique : l'intergénération au fil des saisons

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 19/09/2016

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Hiver comme été, les adolescents de l’institut thérapeutique éducatif et psychologique de Lettenbach (Itep), en Moselle, et les résidents de l’unité Alzheimer de l’Ehpad de Saint-Quirin se retrouvent chaque semaine pour prendre soin du jardin thérapeutique de l’établissement. Des moments partagés depuis plus d’un an, sources de bien-être pour les plus jeunes comme les plus âgés.

Snoezelen, art-thérapie, médiation animale… A l’Ehpad La Charmille, l’objectif est clair : réduire au maximum l’usage des médicaments et améliorer le bien-être des résidents, et notamment de ceux qui sont atteints par la maladie d’Alzheimer, en utilisant des approches non-médicamenteuses.

Le jardin thérapeutique fait partie de cet arsenal. Inauguré en 2015, il jouxte les deux unités Alzheimer de l’établissement. Les résidents, s’ils le souhaitent, et s’ils sont en capacité de le faire, peuvent l’entretenir ou tout simplement s’y promener.

Mais surtout, il est rapidement devenu un lieu vivant, convivial. Ouvert aux habitants de Saint-Quirin, il accueille aussi, depuis son ouverture, un groupe de huit adolescents de l’Itep.

Des jeunes en rupture face à des personnes âgées fragilisées ? Et pourtant, la magie opère, le lien se crée. 

Des liens tissés avec spontanéité

« Lors des premiers contacts, les jeunes n’osaient pas aller vers les résidents, mais très vite, des liens se sont tissés. Leur spontanéité rend le contact beaucoup plus facile et enlève toute réticence », explique Fanny Treutenaere, psychologue à l’Ehpad.

Encadrés par leurs éducateurs, les jeunes ont d’abord été formés par l’équipe de l’Ehpad, pour les aider à mieux appréhender la maladie d’Alzheimer et à communiquer avec les personnes touchées.

Puis, chaque semaine, ils sont revenus à La Charmille, planter, désherber, décorer des cabanes à oiseaux quand le temps ne permettait plus d’être dehors… « Mais attention », précise Fanny Treutenaere, « toujours avec les résidents de l’unité Alzheimer et les personnes de l’accueil de jour, ils ne sont pas là pour travailler à leur place. »

Et les fruits de ces rencontres ne se sont pas fait attendre. « Les personnes âgées sont allées spontanément vers les adolescents et vice versa, le langage, le sens de la communication se sont remis en place », se félicite la psychologue.

Elle ajoute avoir observé des effets sur les repères spatio-temporels des malade, en plus de la stimulation des sens et de la mémoire induite par l’activité.

Même son de cloche côté Itep. « « Les jeunes que nous accompagnons manquent cruellement de confiance en eux. Avec les résidents de l’Ehpad, ils ne se sentent pas jugés mais au contraire utiles et valorisés par leur travail », déclare Philippe Leroy, le directeur adjoint de l’institut.
« Les jeunes s’y sentent tellement bien qu’ils ont récemment demandé à déjeuner avec les résidents, une fois par mois », ajoute-t-il.

Encore de beaux moments de partage en perspective.


Crédit photo : Antoine Labreuche / Réalisation du jardin : Terramie



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