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Edito - Vulnérabilité : des abus qui font peur

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 21/08/2017

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Sécurité / Liberté

edito vulnérabilité seniors

La récente enquête de France Info sur les agressions sexuelles en maison de retraite fait bien évidemment peur. Loin de la sexualité libre et consentie, qui pose d’autres questions (aux proches notamment), ces abus ne peuvent rester invisibles, ni impunis.

Ils ajoutent à la mauvaise image de ces institutions qui subissent des tensions financières et des pressions sur les taux d’encadrements, malgré elles. Cette semaine la rédaction d’Agevillage explique pourquoi le nombre de personnel en Ehpad (établissements pour personnes âgées dépendantes) fait débat.

La vulnérabilité de nos parents, de nos aînés, nous engage.

Elle nous engage à protéger ces personnes fragilisées… sans renier leur liberté, leur dignité.

Et ce n’est pas facile.

D’un côté : on risque de surprotéger, d’enfermer, de maintenir, de contenir les personnes fragilisées, surtout celles qui sont désorientées, qui risquent de tomber, de s’étouffer (voir en images les explications sur les troubles de la déglutition, fausses route)… Et ce au risque de faire pire que mieux : désorienter encore plus la personne malade, épuiser ses forces, ses muscles, mais aussi son estime d’elle-même…

De l’autre côté : on risque le rejet, l’abandon, l’impuissance, face à cette désorientation, cette dépendance, ces pertes.

Pas facile donc.

Et impossible sans en parler, sans alerter : que risque-t-on d’appeler le 3977, le numéro d’appel national pour la lutte contre la maltraitance ?
Impossible en restant seul, isolé, désemparé, sans aide, sans regard extérieur pour prendre du recul, interroger la situation, trouver des pistes de réponses.
Impossible sans connaissances, sans nouvelles compétences (sur les signes de déshydratation par exemple, dans nos actualités Agevillage cette semaine).

Pourtant des initiatives existent pour maintenir une forme d’autonomie, pour s’habiller, sortir et oser.
Cette semaine, un animateur d’Ehpad s’engage : il va traverser l’Atlantique à la rame, en solitaire, en décembre, pour sensibiliser l’opinion sur l’isolement vécu par les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

On découvrira les aspects positifs de l’aide, pour son proche fragilisé, pour soi, pour une société plus fraternelle et intergénérationnelle (voir cet étonnant roman japonais cette semaine et cet appel à répondre à un questionnaire sur les déficiences visuelles).

Oui la vulnérabilité nous engage.

A nous d’être des remparts vigilants et bienveillants face aux abus.

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