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Personnel : comprendre l'organisation d'un Ehpad

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 21/08/2017

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Lors des derniers conflits sociaux médiatisés (Foucherans, Paimboeuf…), la question du nombre de soignants était sur toutes les lèvres : comment peut-on prendre soin correctement de personnes âgées, fragiles, quand le personnel n’est pas assez nombreux ? Pour mieux comprendre comment fonctionne un Ehpad, quelques explications s’imposent…

Qui décide d’embaucher (ou non) du personnel en Ehpad ?

fonctionnement d'un ehpad

Dans une maison de retraite médicalisée, les soignants sont embauchés grâce à des dotations versées par les agences régionales de santé (ARS) et les conseils départementaux.

Pour déterminer leur montant, les ARS et les départements s’appuient sur deux grilles, la grille Aggir pour le degré d’autonomie et l’outil Pathos pour les besoins en soins.

Ce ne sont donc pas les directeurs d’établissement qui font le choix — ou pas — d’embaucher du personnel soignant supplémentaire, et ce dans le public comme dans le privé.

Les autres employés (cuisine, administration…) sont payés par la partie hébergement du tarif de l’Ehpad. Un tarif réglementé dans la majorité des cas : la marge de manœuvre est donc minime.

Les Ehpad de Foucherans et Paimboeuf sont-ils particulièrement mal lotis ?

En 2011, on comptait en France 61 personnels pour 100 résidents, soit un taux d’encadrement de 0,61 (en équivalent temps plein, et en incluant tous les métiers : soignants, personnel administratif, cuisiniers…).

A Foucherans, il était de 0,55, avant l’embauche de deux aides-soignants permise par l’ARS.

Un taux dans la norme française, mais bien en deçà de ceux pratiqués par d’autres pays d’Europe. Ainsi, en Allemagne, il est de 1,2

A cela s’ajoute un autre facteur.

Du fait de la volonté des Français de rester vivre chez eux le plus longtemps possible, et des politiques publiques (hausse de l’Apa à domicile par exemple) qui soutiennent ce souhait, les personnes qui arrivent en Ehpad sont en grande perte d’autonomie, très fragiles.

Le travail des équipes devient de plus en plus difficile, aussi bien physiquement que moralement. L’absentéisme est trois fois plus élevé que la moyenne nationale, et le secteur est celui qui enregistre le plus d’accidents du travail en France : 951000 en Ehpad, contre 34 en moyenne en France et 64 dans le BTP (bâtiment et travaux publics) !

Des absences pas toujours remplacées.

Des mesures sont-elles prévues pour améliorer la situation ?

En 2008, le Plan solidarité grand âge avait pour objectif de faire passer ce taux moyen à 0,65 (il était alors de 0,57).

Force est de constater que 10 ans après, le compte n’y est pas encore.

La grève de Foucherans — et sa médiatisation nationale, car d’autres établissements connaissent des conflits sociaux — a débouché sur une mission parlementaire, qui doit rendre son rapport le 13 septembre.

Ce rapport aura-t-il des retombées concrètes sur le taux d’encadrement ? Difficile à dire… D’autant que la mise en place d’une réforme du financement des Ehpad va se traduire par une baisse de 200 millions d’euros sur le budget des établissements publics et associatifs.

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