Aller sur la navigation Aller au contenu principal Aller sur la recherche

Trouver son lieu de vie

Vieillir debout même en Ehpad

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 19/03/2018

0 commentaires

A inventer !

La nouvelle journée de grève dans les services à domicile et les Ehpad

(établissement pour personnes âgées dépendantes) a remis un coup de projecteur sur les retards de notre pays en termes d’accompagnement du grand âge. Les professionnels de l’aide, des soins, de la vie sociale et culturelle veulent eux-aussi être fiers de l’accompagnement qu’ils proposent. Il leur faut du temps, de la disponibilité, des compétences particulières face aux maladies neurodégénératives notamment.

Annie de VivieLa canicule de 2003 avait réveillé les consciences avec la sanctuarisation d’un jour férié pour mieux financer l’aide à l’autonomie.
Mais depuis 15 ans, le vieillissement s’est accéléré. Et même si près de 8 octogénaires sur dix vivent bien (s’alimentent bien, font leurs courses), à partir de 87 ans, les fragilités, les pathologies handicapent le quotidien.

Il nous faut renforcer les compétences et le nombre de professionnels qui interviennent auprès de ces personnes fragilisées, malades et parfois désorientées. D’autant que le papyboom va continuer sa course jusqu’en 203040 (papyboom : pendant du baby boom, ou quand les personnes nées à partir de 1945 atteignent l’âge de 85 ans).

L’enjeu est de pouvoir vivre et vieillir, debout jusqu’au bout, même à ces âges avancés, même avec des pathologies invalidantes, neuro-dégénératives.

Que ce soit chez soi : dans un logement accessible, sécurisé et un environnement tout aussi favorable (commerces, services, professionnels de santé, de vie sociale et culturelle de proximité).

Que ce soit en habitats collectifs, partagés, accompagnés, en établissement de type résidence (où l’on loue son logement avec des services à la carte) ou en établissements plus médicalisés avec des professionnels de santé à demeure (Ehpad).

Quel que soit notre lieu de vie, en vieillisant, nous aimerions vaquer à nos occupations et surtout nous sentir utiles, rester en lien avec la vie, les proches. Les technologies peuvent aider si leur usage est simple, utile, pratique. Mais face à la fragilité, la vulnérabilité, des évaluations, des contrôles indépendants et fiables sont indispensables, insistent les députés Caroline Fiat et Monique Iborra dans leur dernier rapport sur les Ehpad.

Vieillir debout demande des moyens, des compétences. Mais c’est possible. Des équipes le montrent comme celles qui sont labellisées Humanitude qu’Agevillage référence dans son annuaire de 30 000 adresses.

Dommage que la France peine à les faire reconnaître, à les déployer. Les résistances individuelles et collectives sont nombreuses : âgisme, sentiment d’impuissance, résistances aux changements de pratiques professionnelles, besoin de renforcer les moyens, les compétences…

C’est moins le cas au Japon, qui vit un vieillissement accéléré de sa population. Le pays du soleil levant s’inspire de toutes les initiatives positives et concrètes pour les Ehpad, les services à domicile, les proches aidants (voir un reportage dans la ville de Fukuoka). Une délégation de 12 chercheurs et universitaires va venir en France visiter trois établissements labellisés et engagés vers le label Humanitude début avril.

Parce qu’au Japon aussi, on veut vivre et mourir debout !

Partager cet article