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Plan Grand Age : Agnès Buzyn tente de répondre à l'urgence et lance un débat citoyen

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 03/06/2018

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Dépasser la prise de conscience des enjeux du vieillissement

La ministre des Solidarités et de la Santé a dévoilé ce 30 mai sa feuille de route Grand Age et Autonomie. Elle apporte des réponses immédiates pour les personnes fragilisées, surtout en établissements (Ehpad) et engage un débat citoyen pour imaginer le modèle d’accompagnement du grand âge et de l’aide à l’autonomie à horizon 2030.

Moins de trois années avec des besoins en soins importants


Agnès Buzyn débat grand âge

Si 8% des personnes âgées sont touchées par la perte d’autonomie, si 10% des plus de 75 ans vivent en établissement aujourd’hui, les révisions montrent que le mécaniquement, ce nombre augmentera avec l’évolution démographique des plus de 85 ans (Ils devraient être 4,8 millions en 2050 pour 1,5 millions en 2017). D’ores et déjà les personnes âgées passent moins de trois années avec des besoins de soins importants, le plus souvent en toute fin de vie, précise le rapport.

Cap sur la prévention à domicile et en établissements


Activités physiques quotidiennes, alimentation adaptée, repérages précoces des fragilités, lutte contre l’isolement, aménagement du logement, recours aux aides techniques, aux technologies pour l’autonomie… Agnès Buzyn mise sur la prévention. Le bilan de santé gratuit de la CNAV (Caisse nationale d’Assurance Vieillisse) sera maintenant systématiquement proposé au moment du départ à la retraite. La ministre de la Santé rappelle aussi les négociations en cours pour un reste à charge zéro sur les prothèses dentaires, auditives et pour les lunettes.
Reste que les associations de personnes en situation de handicap soulèvent le paradoxe de ces ambitions avec la loi Elan qui baisse drastiquement le nombre de logements accessibles.

Soutenir les proches aidants


La ministre annonce un plan global d’aide aux aidants qui consiste aujourd’hui en la mise à disposition d’une information exhaustive sur les dispositifs existants, l’amélioration de l’articulation entre vie professionnelle et soutien des plus âgés, le développement de solutions de répits y compris à domicile, des accueils de jour, de l’hébergement temporaire.
Le plan précise qu’au sortir d’une hospitalisation, les personnes âgées qui souhaitent être hébergées temporairement dans un Ehpad (Etablissement pour personnes âgées dépendantes) continueront à payer le même tarif qu’à l’hôpital. L’enjeu est de mieux préparer le retour à domicile et de diminuer les durées d’hospitalisations. 1000 places seront réservées à ce dispositif dès 2019.
Par ailleurs le plan incite au déploiement de formes d’habitats alternatifs et inclusifs, d’initiatives solidaires comme la cohabitation intergénérationnelle.

Accéder à un service à domicile de qualité


Les services d’aides et de soins à domicile ne sont pas accessibles partout sur les territoires. Le plan vise à assurer leur modèle de financement sur 2019 et 2010 et les rapprocher des services d’hospitalisation à domicile (HAD).

Renforcer la médicalisation des Ehpad


Télémédecine, maintien des budgets, astreinte d’infirmière de nuit mutualisée, révision des missions du médecin coordonnateur, investissements dans le cadre de vie, commission bientraitance, enquêtes de satisfaction lancée par l’HAS (Haute autorité de santé), qualité de vie au travail des professionnels, Agnès Buzyn a entendu le malaise des professionnels des Ehpad et débloque des fonds … jugés bien loin du compte par les associations de professionnels et de familles et résidents (Fnapaef).

Lancement d’un débat citoyen sur l’offre et le financement des services au grand âge


Les enjeux du vieillissement dépassent la cadre de la santé. Le sujet doit être traité de manière globale, interministérielle et non cloisonnée”, souligne Agnès Buzyn. Elle veut redonner la parole aux personnes concernées et estime que vieillir c’est d’abord avoir une maison et être dans le monde”.
Elle va lancer un débat public et citoyen sur les pistes de réponses, le socle de soins et de services de qualité, adaptées à la perte d’autonomie, sur chaque territoire. Il s’agira aussi de déterminer la répartition des contributions financières (indivisuelles, collectives, solidaires) et la gouvernance nationale et territoriale du/​des dispositifs.

Crédit photo : Eric FEFERBERGAFP

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