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Quelle prise de risque en maison de retraite ?

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 18/06/2018

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Quand on est âgé, fragilisé, désorienté, est-ce la liberté qui doit primer ou la sécurité ? Un sujet sensible

, qui interroge tant les professionnels que les familles, les aidants des personnes concernées.

prise de risque maison de retraitePour Ariane Nguyen, psychologue à l’Ehpad Saint-Simon (Paris)*, « la question de la prise de risque représente un dilemme très fréquent, source de souffrance pour tous ».

Pourtant, vivre revient à prendre des risques. Alors comment respecter la volonté des résidents, surtout s’ils ne sont plus en mesure de l’exprimer par leurs paroles ?

Pour Christine Scherrer-Raynard, fille de résidents, il est essentiel de s’appuyer sur la personne de confiance. C’est elle qui tenait ce rôle pour ses parents : « j’étais celle qui pouvait porter leurs voix plus haut et plus fort », témoigne-t-elle.

Il est donc indispensable de la désigner dès que possible, d’inciter ses proches à le faire.

Désigner une personne de confiance

Et de toujours rechercher activement le consentement de la personne concernée si une restriction est proposée par l’équipe.

Richard Michel, directeur de l’Ehpad des Amandiers (Paris), raconte l’histoire de Simone, une résidente qui fumait beaucoup.

Pour lui permettre de vivre sa vie comme elle l’entendait sans pour autant nuire aux autres, différentes mesures ont été proposées, comme le remplacement de ses meubles par des produits ignifugés, en accord avec elle et sa famille.

« Il a aussi fallu que nous acceptions le risque », observe-t-il. Car laisser à chacun sa liberté implique avant tout d’arriver à des compromis, tant de la part des résidents, de leurs familles et des professionnels.

Conseils pour bien communiquer avec le personnel d’une maison de retraite

  • Reconnaître les besoins des uns et des autres : certains professionnels confient se sentir impuissants, inquiets ou coupables lorsqu’un résident ne rentre pas de promenade à l’heure prévue.
  • Envisager toutes les solutions possibles avant de prendre une décision : peut-on par exemple demander à un bénévole d’accompagner ce résident un peu désorienté lors de ses sorties ?
  • Si des mesures restreignant la liberté d’aller et venir d’un résident sont prises, demandez qu’elles figurent en annexe du contrat de séjour. Elles doivent être revues tous les six mois, ou plus fréquemment à la demande du résident ou du personnel.
  • N’hésitez pas à vous appuyer sur le Conseil de la vie sociale, qui représente les résidents et leurs familles, ou mieux, à y participer.

* L’Ehpad Saint-Simon (Paris 20) organisait le 13 juin une table-ronde intitulée La prise de risque en EHPAD, entre sécurité et liberté”. Elle a rassemblé près de 90 personnes. Un compte-rendu sera publié en septembre dans L’Ami du 20ème.



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