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Sorry we missed you (Ken Loach)

Auteur Rédaction

Temps de lecture 1 min

Date de publication 25/10/2019

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L’ubérisation des services à la personne

Sorti le 23 octobre, le nouveau film du réalisateur anglais Ken Loach aborde avec désarroi la mutation des rythmes professionnels dans notre société. Sorry we missed you suit le quotidien de Ricky et Abbie, victimes du rythme effréné de leur travail, générateur d’épuisement et de tensions.


Ricky, chauffeur-livreur, et Abbie, aide à domicile, habitent à Newcastle avec leurs deux enfants. Tous deux travaillent sans compter pour tenter de se sortir d’une situation précaire et peinent à concilier vie professionnelle et vie de famille. 

Le film décrit ces journées de 16h écartelées entre l’envie de faire au mieux et la pression d’un travail que l’on peut perdre du jour au lendemain. 

Après Moi, Daniel Blake où Ken Loach mettait en lumière une société excluante à travers le regard d’un sexagénaire qui fait face aux aberrations administratives, Sorry we missed you dépeint le manque d’humanité d’un monde professionnel qui s’ubérise” de plus en plus. 

Une ubérisation qui s’accompagne, sous l’illusion d’une forme d’indépendance, de plus d’horaires, plus de pression, plus de charges, mentales et physiques.


Les aides à domicile enfin dans la lumière


Ce n’est pas le travail en lui-même qui est remis en question mais le rythme, à l’image d’Abbie, très investie au quotidien et qui n’hésite pas à sacrifier de son temps libre pour aller prendre soin de ses clients” parfois abandonnés par leurs proches et laissés à la merci de leur handicap. 

Ce portrait du métier d’aide à domicile est d’ailleurs poignant. Il appuie sur le contraste entre la relation forte qui s’installe entre l’aidant et l’aidé, l’investissement au service de la solidarité collective et de l’autre côté, le coût ingrat de cet investissement : des plannings compliqués, des horaires insensés et un salaire insuffisant. 

Une réalité rarement portée à l’écran qui fait autant comprendre le bien fondé et l’importance de ce métier que son manque de viabilité.

Une situation peut-être sur le point de s’améliorer en France avec la remise ce 29 octobre du rapport de Myriam El Khomri. 

Ce rapport sur l’amélioration des métiers du grand âge commandé par le ministère des Solidarités et de la Santé, devrait, espérons le, permettre notamment d’atténuer les difficultés rencontrées par les aides à domicile.

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