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Etre aidant, être aidé

Edito : Ouvrir, sortir en responsabilité

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 08/06/2020

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En confiance, en bonne intelligence

La crise sanitaire et son obligation de confinement évoluent positivement vers un déconfinement progressif, prudent.

Très, trop prudent pour les uns qui sont très, trop frustrés de ce confinement aux conséquences qui sont aussi délétères rappellent les Petits Frères des Pauvres.

Les professionnels, les familles, les habitants de ces établissements pour personnes âgées dépendantes sont nombreux à estimer que le nouveau protocole continue de maintenir dans l’isolement ces citoyens, qui ne sont pas considérés comme les autres. Voir ce témoignage de sortie au restaurant d’un habitant d’Ehpad près de Niort.

Mais pour d’autres, ce déconfinement ne serait pas assez prudent avec la crainte de ne pas préserver suffisamment la santé des plus âgés les plus fragiles.

Difficile alors de savoir sur quel pied danser.

Les pouvoirs publics font appel à la responsabilité des professionnels (aux épaules décidément très larges au vu des moyens qui leurs sont accordés).

Ces professionnels continuent de faire face : ils ajustent leurs stratégies d’adaptation aux moyens disponibles, aux capacités, aux envies, aux pathologies des personnes aidées. Ils continuent de se former même en période de crise : voir cette semaine ces modules ouverts aux salariés des particuliers-employeurs à domicile.

Les pouvoirs publics font aussi appel à la responsabilité individuelle de tout un chacun : des générations qui s’entraident, des aidants qui cherchent des solutions, des téléconsultations qui explosent.

Parce que vieillir est une expérience personnelle, individuelle mais qui dépend aussi de l’environnement disponible.

Parce que vieillir, c’est continuer de grandir, de vivre, d’avoir des envies : L’aventure est au coin de la ride”, rappelle la psychosociologue Danielle Rapoport. Pour vieillir debout.

Reste à savoir quelle responsabilité est accordée aux citoyens quel que soit leur âge. Quel niveau de risque peuvent-ils prendre ? Dans sa lettre à son père Guy Bedos qui vient de partir alors qu’il était atteint de la maladie d’Alzheimer, sa fille raconte “« On n’a pas pu venir te voir par peur de te tuer en t’embrassant. Et on t’a tué en ne venant pas t’embrasser finalement”(…) « Tu as cessé de manger, de marcher, de lutter. A quoi bon puisque mes enfants ne m’aiment plus ? Maman avait beau te rappeler que c’était à cause du confinement, tu ne voulais pas, ne pouvais plus comprendre ».

Quelle qualité d’accompagnement proposer partout sur les territoire, jusqu’au bout ? Vers quels services se retourner, rassurant, labellisé ? Quelles possibilités d’ouvrir, de sortir ? Comment accompagner les plaintes voire les menaces ? Quels recours en cas de conflits ?

Des questions complexes, éthiques, politiques, qui ne devraient pas relever que des experts, des sachants, mais des citoyens eux-mêmes, avec ou sans leurs proches.

Des questions qui demandent des éclairages, des informations, des pistes de réponses gérontologiques et gériatriques professionnalisées, valorisées, certes, mais des questions qui demandent à entendre la parole des concernés eux-mêmes.

Finalement « cet isolement, ça t’a tué », s’émeut Victoria Bedos.

Que veulent les personnes, nos frères, pour les jours, les mois, les années qu’il leur reste à vivre ?

Que voulons-nous pour nous demain ?

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