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Comprendre les fragilités

Edito : l'autonomie a un ministère

Auteur Rédaction

Temps de lecture 4 min

Date de publication 06/07/2020

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Le nouveau gouvernement Castex a beaucoup de priorités à prioriser.

Parmi lesquelles la compensation des handicaps quel que soit l’âge, l’aide à l’autonomie jusqu’au bout de la vie.

Et c’est Brigitte Bourgignon qui va relever le défi auprès d’Olivier Véran, toujours ministre des Solidarités et de la Santé. Elle était à ce jour présidente de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, députée LREM (après avoir été socialiste) de la 6ème circonscription du Pas-de-Calais, présidente du Haut conseil du travail social (HCTS).

L’autonomie comme source d’emplois durables, non délocalisables, alors que s’annonce une crise économique majeure suite à la crise sanitaire qui n’est pas tarie. Des métiers de l’autonomie, des métiers du lien (selon le rapport des députés François Ruffin et Bruno Bonnell) qui sont des voies d’excellence et non des voies de garages” comme le souligne Nathalie Lévy dans son livre sur sa vie d’aidante.

L’autonomie comme source de richesses humaines donc, mais aussi source de métiers d’excellence, riches, éthiques, techniques pour accompagner les personnes fragilisées, malades, complexes (attention aux mots”, à la médicalisation des réponses aux personnes atteintes de troubles neuro-cognitifs (Alzheimer) comme l’expliquent les vidéos de Carpe Diem et Ama Diem). L’autonomie comme source de richesses technologiques avec la transition numérique, qui s’est accélérée pendant la crise sanitaire, pour aider à vieillir debout, le plus longtemps possible, avec moins de dépenses, plus de communication, de rassurance.

L’autonomie comme source de services rassurants, indispensables à ces proches aidants/​aimants, qui sont sur le pont 7 jours sur 7 et qui ont bien du mal à imaginer confier leur proche, comme le raconte la journaliste Nathalie Lévy.

L’autonomie comme source d’optimisation des coûts de la non-qualité, des surconsommations médicamenteuses aux recours évitables aux urgences, en passant par l’épuisement des proches aidants comme des professionnels du prendre soin. L’autonomie comme un investissement avec des retours positifs pour les finances publiques et la santé des concitoyens, notamment via des dispositifs de prévention comme ces bilans gratuits dès 50 ans, en suivant aussi les conseils du Dr Ducardonnet : en prenant rendez-vous avec vous !

L’autonomie comme ressources des territoires avec ses parcours d’aides, de répit (y compris pour les vacances), de modes d’habitats innovants, d’hébergements plus ou moins médicalisés, labellisés, de soins coordonnés. Aujourd’hui le système de l’aide à l’autonomie est hyper fragmenté et piloté tant par les différents professionnels eux-même que par les collectivités locales, les départements, les agences régionales de santé…

Il faudra bien un ministère pour clarifier la gouvernance de l’aide à l’autonomie, concrètement.

L’autonomie s’évalue, avec les personnes concernées, de manière pluri-dimensionnelle : sur le plan de la santé, des ressources économiques, des solutions d’habitat, de l’adaptation du logement, de la densité des ressources aidantes, des services disponibles humains, technologiques, sans oublier la culture, la citoyenneté et la représentativité des plus fragilisés eux-mêmes.

L’autonomie même dans ces établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes si décriés et pointés du doigt pendant la crise sanitaire. La parole des personnes qui y vivent, qui y travaille est à écouter et entendre au sein des Conseils de la vie sociale (CVS), par exemple. Ces derniers témoignent cette semaine du vécu de la crise sanitaire, de l’intérieur des établissements. Un vécu à défende. Un ministre était-il attendu par tous les professionnels de l’aide et du soin. Ils veulent proposer des domiciles adaptés, correctement financés, accessibles à tous et dotés de personnels formés en nombre suffisant. Ils veulent être fiers de leurs métiers, de leur prendre soin.

L’autonomie financée jusqu’au bout de la vie, parce qu’il faudra des financements pour accompagner la révolution de la longévité et permettre à chaque citoyen de sentir qu’il peut grandir, vieillir sans craintes. Le gouvernement et le parlement avancent vers un 5eme risque de protection sociale, pour tous les âges. Il sera à articuler avec la prochaine loi Grand âge / Autonomie. Il sera à piloter, gouverner, à rendre lisible, compréhensible, accessible à tous les citoyens, les proches aidants.

L’autonomie au sens de auto-nomos” c’est la capacité à se gouverner soi-même, selon ses propres lois (en lien avec celles de la République), la capacité à exprimer ce qui est bon pour soi”, debout jusqu’au bout. L’autonomie est non pas la mal-nommée dépendance.

Cette autonomie est aujourd’hui (enfin) incarnée par un ministère, une ministre déléguée : Madame Brigitte Bourgignon.

Un ministère qui devra soutenir la prise de conscience des richesses liées à l’aide à l’autonomie, debout jusqu’au bout !

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