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Comprendre les fragilités

Edito : attestation... de tendresse

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 14/12/2020

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Même avec Alzheimer, même aux urgences et notamment en ces temps de fêtes

Vous n’avez pas la bonne attestation !

Ah bon monsieur l’agent ? Si si je l’ai, attendez, je l’ai, regardez …

On imagine le dialogue ubuesque entre une personne malade d’Alzheimer qui n’avait pas ajusté son attestation de déplacement pour faire ses courses et les policiers… dont l’amende est allée au bout, malgré les recours et l’ajustement du maire de la commune qui s’ajuste au label de l’OMS : Villes Amies des Ainés”.

En 2020, 20 ans après la naissance d’Agevillage (dont le livre d’or attend vos messages), dix ans avant 2030 et l’arrivée aux âges avancés des baby-boomers, force est de constater que notre société n’est pas encore ajustée aux réalités du vieillissement.

La police, la justice, mais aussi le système de santé, et nous tous, les citoyens, sommes toujours gagnés par un âgisme plus ou moins conscient. On imagine que le dialogue avec l’agent de police a pu s’enrichir d’un vous n’avez pas la bonne attestation ma petite dame”… L’occasion de saluer la mémoire d’Anne Sylvestre, mobilisée contre toutes les discriminations, notamment celles contre les femmes, de tous âges. Retrouvez sa chanson Violette.

Notre société, nous-même avons encore des difficultés à nous adapter, à anticiper notre vieillir alors que l’on peut pourtant vivre debout, jusqu’au bout, dans la tendresse, comme le montrent notamment les structures labellisées Humanitude, même en temps de crise sanitaire. Voire cette semaine les conditions de visites dans les maisons de retraite pendant ces drôles de fêtes 2020.

Les personnes âgées qui tombent malades sont des citoyens avec leurs droits et leurs devoirs. Mais qu’en est-il quand ils ne parviennent plus à respecter toutes les consignes, toutes les attentes, sans se mettre en danger, ni mettre en danger les autres ? Voir le livret Vivre avec Parkinson par le Gérontopôle des Pays de la Loire. Voir aussi quelques conseils pour mieux vivre un passage aux urgences. Voir en Seine-Saint-Denis ce bus qui va à la rencontre des 65 ans et plus pour la vaccination contre la grippe.

S’entraider, collaborer, anticiper sont des pistes pour aider à vivre et rester autonomes le plus longtemps possible. Voire ces idées pour booster la solidarité à Noël. N’hésitez pas aussi à voter pour le thème de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre 2021.

Et en cas de souci, en cas de crise, d’accident : seule une analyse éthique, partagée, ajustée, des bénéfices/​risques, devrait être la règle en écoutant en priorité la personne concernée. Voir la lettre à Denise qui ne pourra pas la lire, publiée dans le Monde daté du 8 décembre.

Cela demande du temps, des connaissances, des compétences, me direz-vous.

Mais combien coûte la non-qualité ? Combien coûtent les décisions non anticipées prises dans l’urgence sans concertation, le manque d’accompagnement ajusté, professionnel, doux et tendre par ces métiers sacrés ? Comme en témoigne M. Schustermann, habitant d’un Ehpad, à la toute fin de la conférence en ligne de l’Ecuje et la Fondation Casip-Cojasor (à 1 heure 49 minutes) ?

Combien va coûter symboliquement, socialement, cette décision de condamner cette vieille dame malade… mais pas suffisamment ?

Et si en guise d’attestation… on se focalisait sur la plus importante : la tendresse voire la déclaration d’amour ? C’est le message principal que partage Elie Semoun autour de son documentaire sur son père malade d’Alzheimer : Mon vieux.

Pas toujours possible selon les réalités, les parcours de vie… mais l’attestation de reconnaissance, de relation, de lien, d’inter-dépendance, d’appartenance à notre espèce, l’espèce humaine, quel que soit l’âge… c’est une des clés fondamentales pour vieillir debout, jusqu’au bout, dans la tendresse.

Bonne attestation à tous !

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