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Ecolo ou technologique, le business de la mort suit la tendance

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 11/04/2011

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Cercueil en cartonLe 1er Salon de la Mort qui s’est déroulé au Carrousel du Louvre à Paris le week-end dernier a tenu ses promesses : surprendre, innover, et surtout réunir dans un même lieu des acteurs aussi variés que des entreprises de pompes funèbres, des assurances, des associations ou des artistes. On fait le point.

S’imaginer mort
L’idée est saugrenue. Pourtant nombreux sont les visiteurs à avoir testé un cercueil en direct. Large, moelleux, équipé d’un oreiller et d’une couverture, il se ferme à deux battants, à l’américaine”, précise l’un des exposants. Une spécificité peu fréquente en France. Pays où les normes sont très strictes, notamment en matière de largeur. Les caveaux français ne permettent pas d’accueillir des cercueils américains. Un détail donc à vérifier si le cercueil provient de l’étranger.
Une testeuse ressort satisfaite de l’expérience. Je suis rassurée. J’avais très peur à l’idée d’être enfermée mais finalement c’est confortable et on ne se sent pas coupé du monde extérieur”. Une réflexion qui ne laisse pas les spectateurs indifférents A 6 mètres sous terre, on est quand même très seul”, commente un visiteur, ironique.
Dans le même esprit, Repose in light propose d’éclairer le monument funéraire d’une lumière rassurante”, provenant de l’énergie solaire. Chaque nuit, Héliostèle s’illumine pour s’éteindre au matin. Une manière de ne pas laisser l’être cher seul, dans le noir…

Salon de la mort urneSe façonner un cercueil ou une urne à son image
Au-delà de cette expérience, les fabricants débordent d’imagination pour adapter les cercueils, ou les urnes, aux dernières tendances. Pour les écolos, le cercueil en carton fait sensation. Personnalisable à loisir grâce à une photo imprimée sur le cercueil, l’objet revêt un caractère joyeux qui a de quoi bousculer les images traditionnelles. Un champ de coquelicot, des galets ou le visage du proche, les alternatives sont nombreuses. Et l’argument développé par AB Cremation qui consiste à défendre la thèse écologique a de quoi séduire. Nos voisins européens auraient, selon la fondatrice, adopté ce concept depuis plus de 25 ans.
Côté urne, le choix aussi est vaste : en buste réalisé à partir d’images 3D pour immortaliser son image, conçue par des
designers avec des matériaux luxueux, en métal, en bois, en bronze, en verre… le salon de la mort a ici pour but de présenter l’ensemble des possibilités… et de trouver celle qui nous convient le mieux.

Laisser une trace
Voilà une des clefs de la tendance actuelle. Disparaître, oui mais à condition de continuer d’exister. Par des écrits, des films, des images. Pour répondre à ce besoin, nombreuses sont les entreprises à proposer de recueillir des témoignages et de les rediffuser via internet. Eternissim​.com, Edeneo​.fr, E‑mylife.fr, foruforever​.net, 2day4ever​.com, memoiredesvies​.com… autant de sites aux noms évocateurs. Chacun peut écrire son chemin de vie, laisser une trace, la livrer au monde ou à des personnes choisies de son vivant.

S’informer
Le salon de la mort est bien sûr d’abord un lieu d’information. Aux côtés des notaires, assureurs ou spécialistes des pompes funèbres, des associations ont trouvé leur place. Elles proposent écoute, réflexion sur la fin de vie, le don d’organes ou les soins palliatifs…
Et pour répondre aux questions matérielles et soudaines qui se posent lorsqu’un deuil survient (quelles démarches effectuer ? A qui s’adresser ?…), les Pompes Funèbres générales viennent de créer un numéro de téléphone unique, gratuit, disponible 24 heures/​24 et 7 jours/​7, le 3123.
Enfin, à noter la création d’un tout nouveau magazine Notre Devenir”. Il propose une information sur les services aux personnes en fin de vie, la prévoyance, l’organisation des obsèques, la situation de deuil.

Pour en savoir plus : www​.salondelamort​.com

Des expositions d’artistes
- Il est toujours temps. Exposition itinérante en Essonne proposée par le réseau Respalif sur les soins palliatifs de février à juillet 2011. Infos sur essonne​.fr
- Ces solitudes qui nous entourent. Expo photo itinérante en préparation. Association les p’tites lumières. www​.lespetiteslumieres​.com
- In Fine, de Eric Dexheimer, du 17 juin au 18 septembre 2011. Promenades photographiques de Vendôme (41)
- In case we die, palerme. de Sophie Zénon www​.sophiezenon​.fr

Dossier : Accompagner la fin de vie

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