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Edito : les personnes handicapées votent aussi

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 14/06/2011

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Les personnes en situation de handicap pointent souvent la commisération avec laquelle de nombreux élus s’adressent à elles, alors qu’elles sont des personnes certes autrement capables” selon la jolie expression de Marcel Nuss, mais surtout citoyennes jusqu’au bout.

Soutenues par leurs parents, leurs familles, les personnes en situation de handicap ont toujours su faire valoir leurs droits, développer des activités ou des foyers. Ces initiatives sont l’œuvre de militants qui ont souvent bravé la frilosité de décideurs publics, mais aussi le tabou et la peur de leurs concitoyens.

Réunis en puissantes associations (APF : Association des paralysés de France, UNAPEI pour le handicap mental, etc) les personnes en situation de handicap ont souvent battu le pavé autour de slogans comme ni pauvres, ni soumis”, handicap, maladie = pauvreté”. Petit à petit, ils ont imposé la loi de 2005 qui officialise l’intégration des personnes handicapées dans la cité, avec un revenu de subsistance décent…

Cette loi attend toujours que son article 13 lève définitivement les discriminations liées à l’âge (Si un handicap survient avant 60 ans, la personne perçoit la PCH : Prestation de compensation du handicap, plus favorable que l’APA : aide personnalisée d’autonomie réservée aux plus de 60 ans).

Le Président de la République et onze ministres sont venus faire le point sur cette loi lors de la 2ème conférence nationale du handicap ce 8 juin 2011.
L’engagement des élus nationaux semble réel notamment sur les questions de l’accessibilité : une ville accessible est une ville où chacun vit mieux.

Alors pourquoi cette levée de bouclier des associations de personnes handicapées ? Sont-elles insatiables ?
Les déficits financiers actuels empêchent-ils tout investissement vers une ville plus accessible ?
La colère des associations traduit des réalités concrètes qui continuent de poser problème, notamment concernant l’aide directe aux personnes pour les accompagner dans leur projet de vie, le soutien des familles.
Le vieillissement des personnes handicapées montre les besoins de professionnalisation des acteurs du parcours de soin, le nécessaire décloisonnement des services (hôpital, retour à domicile, logements adaptés).

Les prises de paroles militantes des personnes en situation de handicap sont salutaires. Elles bousculent et font avancer les réflexions. Ainsi notre nouvelle boîte à outils des conseils de la vie sociale” a‑t-elle accueilli les initiatives de l’APF qui propose des formations aux personnes handicapées qui représentent les autres, prennent la parole”.

Les personnes en situation de handicap provoquent la réflexion et l’action pour un vivre ensemble” renouvelé, citoyen, local, national. Au coeur de ce débat, la question de l’accessibilité doit être abordée et planifiée en tenant compte des contraintes financières. Sans angélisme mais sans hypocrisie ni atermoiements.

Car ne l’oublions pas, les personnes handicapées votent aussi.

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