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Se mettre dans la peau d'une personne âgée isolée : initiative anglaise Friends of the Elderly

Auteur Rédaction

Temps de lecture 1 min

Date de publication 04/07/2011

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Une expérience (éprouvante) menée par une association britannique

Pour alerter l’opinion, dix Britanniques dans la force de l’âge se livrent à une expérience originale : passer une semaine seuls chez eux en utilisant du matériel qui réduit leurs capacités physiques à celles de personnes très âgées. Éprouvant.

« Friends of the Elderly*», un organisme de charité britannique, a fait vivre à une dizaine de volontaires âgés de 22 à 50 ans le quotidien des personnes âgées isolées.

Depuis lundi 27 juin, Christie, Lisa, Yuri et les autres sont enfermés chez eux avec interdiction de téléphoner, d’envoyer mails et textos ou de consulter Facebook. Pour exécuter certaines tâches, ils s’engagent à utiliser du matériel qui réduit leurs capacités d’action à celles de personnes âgées handicapées : des lunettes qui réduisent la vision, des gants et des chaussettes pleines de graines pour reproduire la gêne de l’arthrose, un casque brouillant l’audition ou des poids pour se déplacer plus lentement.

Les dix participants racontent leur quotidien sur un blog . « Ces lunettes affectent non seulement mes mouvements mais aussi ma notion des distances. Je fais tout beaucoup plus lentement », se plaint Pam, 40 ans, qui avait pour mission, le 5e jour, de se préparer à déjeuner en portant gants et lunettes. Bilan : « Désastreux. J’ai fini avec un sandwich plein de trous et beaucoup trop de mayonnaise », résume-t-elle. Leigh, 34 ans, n’a pas osé descendre ses escaliers avec les lunettes. « Ce serait trop dangereux. Quand je les mets, je ne distingue que les couleurs ».

Pour tous, la découverte de la grande solitude et de l’ennui qui l’accompagne est une expérience douloureuse. « Le passage du facteur a illuminé ma journée. J’ai même lu les publicités. Je deviens folle !», témoigne sur Twitter Lisa, 30 ans, dès le deuxième jour. « Le soir, j’entends mes colocataires qui s’amusent dans les autres pièces. C’est le moment le plus dur de ma journée », s’épanche Christie, une étudiante de 23 ans, au bout de cinq jours. 

Pour autant, tous sont conscients des limites de l’expérience, puisqu’eux peuvent déjà voir « le bout du tunnel », comme l’explique Yuri. « Je ne verrais sans doute pas les choses de la même manière si toutes mes journées devaient se dérouler ainsi jusqu’à la fin de la vie ».

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