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Douleurs chroniques : faut-il un 4ème plan national ?

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 25/07/2011

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La souffrance peine à être prise en compte par le corps médical

Associations de patients, médecins et représentants du monde politique ont appelé à l’occasion d’une rencontre organisée au Sénat à l’élaborationd’un quatrième plan national contre la douleur chronique. Malgré trois plans précédents, la douleur chronique – dont les ravages ne cessent de croître avec l’augmentation de l’espérance de vie — n’est toujours pas reconnue comme une maladie à part entière… 

La douleur ne doit plus être une fatalité », lançait Bernard Kouchner, secrétaire d’Etat à la Santé en 1998. Trois plans anti-douleur plus tard, le bilan est maigre. La reconnaissance de la douleur chronique par les médecins est insuffisante, les structures « anti-douleur » sont mal connues du grand public et les délais d’attente restent trop longs.

Pourtant, la douleur est l’un des premiers motifs de consultation (54% des prescriptions). Une personne sur cinq souffre de douleurs chroniques et 64% des patients sous traitement continuent de souffrir sur le long terme… 

Pour toutes ces raisons, le Haut Conseil de la Santé Publique a recommandé, en mai 2011, un 4e plan douleur, pour mieux sensibiliser la médecine de ville et focaliser l’effort sur les personnes vulnérables (enfants, personnes âgées et handicapées…)

Pour le Pr Alain Serrie du Service de Médecine de la Douleur et Médecine Palliative, CHU Lariboisière Un nouveau plan permettrait : « d’améliorer la prise en compte de la douleur chez le sujet âgé », « (lutter) contre la douleur iatrogène (la douleur issue du soin) », et enfin « une meilleure prise en charge des personnes souffrant de pathologies mentales ». « Sans une volonté politique, aucune amélioration n’est à attendre » a indiqué le Dr Michel Lantéri-Minet, président de la Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur (SFETD).

La douleur a des effets sociaux importants : les patients se coupent de leur entourage, famille, collègues… Beaucoup estiment que la douleur est une fatalité et renoncent à assumer un travail », assure Martine Chauvin, pésidente et fondatrice de l’Association Francophone pour Vaincre les Douleurs (AFVD).

La douleur accentue les inégalités et les phénomènes

d’exclusion. indique Laurence Carton, vice-présidente de l’Association française de lutte antirhumatismale (AFLAR).

Enfin, la demande des patients ne va pas cesser d’augmenter, en raison notamment de l’accroissement de l’espérance de vie. 

Chiffres

Selon Pain Proposal, un rapport publié en octobre 2010 avec le soutien du laboratoire Pfizer
- Plus d’un tiers des personnes (35%) s’inquiètent de la perte de leur emploi et 49% s’inquiètent d’une absence d’évolution de carrière en raison de leur douleur.
- Environ un tiers des personnes atteintes de douleur chronique pensent qu’elle a un impact négatif sur la famille et les amis, et 28% ressentent un isolement social dû à la douleur.
- 46% estiment que les autres personnes doutent de l’existence de leur douleur.
- 53% ressentent une faible prise de conscience autour de la douleur chronique, et un quart d’entre elles ont été accusées d’utiliser leur douleur comme prétexte pour ne pas travailler.
- Moins de la moitié (43%) des médecins interrogés affirment connaître la conduite à tenir en présence d’un patient se plaignant de douleur après traitement.
- 77% des médecins souhaiteraient recevoir davantage de formation, notamment dans la prise en charge des patients douloureux chroniques, ainsi que des recommandations concernant l’orientation et les traitements.

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