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Bénévolat, citoyenneté et maladie d'Alzheimer : "Nous sommes aujourd'hui en panne de réciprocité"

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 26/09/2011

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La fondation Méderic Alzheimer en partenariat avec l’Erema ‑Espace national de réflexion éthique sur la maladie d’Alzheimer- organisait ce 20 septembre un colloque sur le thème bénévolat, citoyenneté et maladie d’Alzheimer. Les différentes formes de bénévolat (solidarité, accompagnement, d’entreprise, tutélaire) ont été présentées.
Engagé de son plein gré, « le bénévole ne tisse pas un lien singulier hors du temps mais dans un espace social et citoyen » a rappelé Michèle Frémontier de la Fondation Méderic Alzheimer. 

« La question du lien social est avant tout une question morale » affirme Bernadette Puijalon, anthropologue, maître de conférences à l’Université Paris XII qui intervenait sur ce sujet. L’un des objectifs des politiques sociales « vieillesse », dès les années 60, indique-telle était de répondre à la question de « la place que devait occuper dans la société un nombre croissant de vieux ».
Quels rôles à quels âges ? Aujourd’hui « on est socialement vieux de plus en plus jeune et l’on est biologiquement jeune de plus en plus tard ! »

Evoquant le récent ouvrage de Pierre Rosanvallon « La société des égaux »
(qui retient 3 termes : singularité, réciprocité, principe de communalité) elle s’attarde sur la réciprocité et citant l’auteur « Nous sommes aujourd’hui en panne de réciprocité. » reprend-elle. Pour les seniors cette réciprocité se traduit en terme de faire et de dire.
La maladie d’Alzheimer , maladie de la mémoire , dans une société de l’immédiateté est un symptôme « très intéressant .»

Que donne la personne qui souffre de troubles cognitifs ? Cela se situe dit Bernadette Puijalon « dans le registre de l’être ».
Ces personnes mieux que quiconque posent la question du sens.

Les bénévoles peuvent jouer un rôle d’interface mais avertit Bernadette Puijalon « il est important qu’ils ne laisse pas embarquer dans les dérives. Celle du vocabulaire, notamment, avec l’emploi de termes très stigmatisants (lit, ehpad, UHR, etc.). Qui peut se sentir chez soi dans un UHR ? Le mot déclenche des images, provoquent des réactions de rejet ou d’attirance, créent, renforcent les représentations sociales négatives. Autre dérive, la mise en place d’une logique thérapeutique envahissante : musicothérapie, zoothérapie, ortothérapie… A quand les déjeuners en UHR devenus ateliers de masticothérapie ou les ateliers de soulageothérapie au petit coin ? interroge Bernadette Puijalon
Le bénévole n’est pas dans logique du tout thérapeutique mais dans l’accompagnement de la déliaison…

Bernadette Puijalon, anthropologue, Maître de conférence, Université Paris XII
« Nous sommes aujourd’hui en panne de réciprocité »

Interviewée par Agevillage, Marie-Jo Guisset de la Fondation Mederic Alzheimet explique l’action de la Fondation depuis 2004 pour structurer le bénévolat. Le constat de difficultés a conduit à rendre bénévolat attrayant, clarifier les interventions, soutenir les bénévoles dans la durée et prendre soin d’eux. Structurer le bénévolat c’est ” garantir sa qualité, sa pérennité, garantir le confort des bénévoles, s’assurer qu’il vont y trouver leur compte.”
(ndlr. veuillez nous excuser pour la qualité sonore de cet enregistrement effectué dans un couloir de l’Hopital Européen Georges Pompidou)

Marie-Jo Guisset, Fondation Mederic Alzheimer
Structurer le bénévolat : valoriser, soutenir et prendre soin des bénévoles dans la durée

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