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Personnes âgées - Alzheimer : "la tutelle, une blessure absolument tragique"

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 24/10/2011

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Un entretien avec la gériatre Françoise Forette

Le placement sous tutelle est, pour les patients qui s’en rendent compte, une blessure absolument tragique”, a souligné la spécialiste de gériatrie Françoise Forette, après la mise sous tutelle de Liliane Bettencourt, héritière de L’Oréal, qui souffrirait de démence mixte”.

Q : Quel peut être l’impact de la mise sous tutelle pour Mme Bettencourt ?
R : C’est une décision très lourde. Ca atteint tous les actes de la vie quotidienne. Pour les patients qui s’en rendent compte, il faut le souligner, c’est une blessure absolument tragique.
On peut être étonné que la tutelle soit donnée à un membre de la famille alors qu’il y a une dissension familiale. C’est très inhabituel. Quand il y a des dissensions dans une famille, habituellement le juge des tutelles donne la tutelle à un tiers indépendant et non pas à un membre de la famille”.

Q — Qu’est-ce qu’une démence mixte”, dont souffrirait Mme Bettencourt ?
R — C’est simplement une maladie dégénérative, c’est-à-dire les lésions de la maladie d’Alzheimer habituelles, auxquelles se rajoutent des lésions provoquées par de petits accidents vasculaires.
Ils passent souvent inaperçus, mais ils donnent lieu à des petites lésions du cerveau.
Ainsi, une personne qui a quelques lésions liées à Alzheimer et qui, pour autant, n’a pas de troubles cognitifs va franchir une sorte de marche d’escalier si des lésions vasculaires s’ajoutent. Des symptômes de troubles cognitifs vont alors apparaître.
Pour faire ce type de diagnostic, il faut un examen clinique très rigoureux et un examen neuropsychologique important ‑et pour répondre aux questions des tests, il faut vouloir le faire. Pour faire la part des lésions vasculaires, il faut en plus faire une IRM”.

Q — Un rapport d’expertise révélé dans la presse évoque une maladie d’Alzheimer à un stade modérément sévère”. Qu’est-ce que ça nous dit sur l’état de Mme Bettencourt ?
R — Ca ne veut rien dire du tout sur le plan du diagnostic de la personne et d’ailleurs ça ne nous regarde pas. Chacun a droit à une vie privée, chacun a droit au secret médical, y compris Mme Bettencourt.
Les différents stades sont utiles en clinique quotidienne, mais il faut une très grande expérience pour les apprécier.
Quand on donne des cut-off”, c’est-à-dire au-dessus de tel score, vous êtes modérément sévère”, il faut faire attention, ce ne sont jamais des cut-off rigides. C’est l’expérience clinique du médecin qui doit décider du stade de la maladie”. 

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