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Besoins de financements et de réformes : l'urgence reste réèlle selon le collectif une société pour tous les âges

Auteur Rédaction

Temps de lecture 6 min

Date de publication 27/10/2011

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Les personnes âgées payent la crise

Nous sommes en période de crise certes mais comment admettre que les personnes âgées malades fragilisées soient si peu aidées, s’interroge les membres du collectif Une société pour tous les âges”. Les personnes âgées malades, fragilisées, leurs familles, les professionnels payent cher l’arrêt des réformes.
Notre société française continue de penser que la question du vieillissement est personnelle. A chaque famille de s’en débrouiller !
Or elle devient éminemment politique. Chaque citoyen est concerné. On accepterait collectivement de prendre soin de la rougeole d’un enfant mais pas des conséquences des déficiences, des maladies du grand-père ? D’autant qu’il ne s’agit pas d’enjeux financièrement insurmontables. 8 personnes de plus de 80 ans sur 10 vont bien merci ! rappelle Geneviève Laroque.
Reste que l’aide aux plus âgés est aujourd’hui insuffisante, inadaptée, peu efficace (manque d’outils d’évaluations, de suivi, de coordination, de labels qualité…).

Le collectif Une société pour tous les âges” va à nouveau interroger les candidats à l’élection présidentielle de 2012 sur ces questions.
Extraits des débats lors de la conférence de presse ce 25 octobre à Paris dans les locaux d’ www​.agevillage​.com

L’urgence est contestée dans les derniers rapports d’experts (Charpin) et c’est grave”, estime le sociologue Bernard Ennuyer.
La départementalisation montre les in équités profondes entre les citoyens selon l’endroit où il vivent.
Le sentiment en France reste que la vieillesse se passe mal, qu’elle est une épreuve individuelle (supportée par la personne âgée et ses proches).
Les personnes handicapées ont su porter la question au niveau collectif.


Voir l’intervention de Bernard Ennuyer en images 

Lassociation Alertes 38 connaît les tensions sur le terrain. Un exemple en Rhône Alpes : l’impossibilité d’ouvrir 80 places d’EHPAD (Etablissement pour personnes âgées dépendantes) par manque de personnel que l’établissement n’arrive pas à recruter le personnel, et manques de financements.
(Les tutelles sont exsangues). Alerte 38 constate que les personnels de ces établissements et services sont épuisés. Ils quittent volontiers le secteur des EHPAD vers d’autres cieux plus propices. Entre temps, les aidants familiaux s’épuisent en attendant de trouver une place libre et abordable.

Témoignage de Jacqueline Chapuis d’Alertes 38 en images


Rien ne bouge” s’insurge Sylvain Denis au nom de la FNAR (Ndlr : Il est par ailleurs vice président du CNRPA : comité national des retraités et personnes âgées). Six mois de travail au premier semestre 2011, des rapports de qualité, et les besoins essentiels des personnes en difficultés qui ne sont toujours pas couverts. Or des économies intelligentes sont à trouver (synergies du sanitaire, du médico-social selon le HCAAM : Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie). Que ce soit sur le terrain, ou au sommet de l’état, le 22 septembre, la journée du CNRPA avait abouti à la création de nouveaux groupes de travail. On les attend !


Sylvain Denis, FNAR




Les services à domicile associatifs de rapport en rapport épuisent leurs fonds propres et ne pourront plus accompagner les personnes les plus fragiles financièrement et socialement.


Voir l’intervention de Didier Duplan, Adessa à domicile

Les personnes âgées payent cher la crise estime Pascal Champvert de l’Ad-PA (Association des directeurs au service des personnes âgées).
Elles payent des reste à charge” élevés aussi bien pour faire appel à des services à domicile que pour entrer en EHPAD.
L’APA (aide personnalisée d’autonomie) est aujourd’hui accordée en fonction des ressources des départements et non plus selon les besoins des personnes.
Les plans d’aides sont notoirement insuffisants. L’épuisement des aidants est une réalité (sur-mortalité), les professionnels du domicile sont sous payés, les stress, les faibles taux d’encadrement en EHPAD épuisent…
Or ce secteur de l’aide aux personnes âgées est potentiellement un secteur de sortie de crise, créateur d’emplois durables et non-déocalisables…
Le président a annoncé dès 2007 qu’il agirait sur ces questions. Il avait 5 ans pour le faire. Il faut dire que le secteur a pâti du manque de ministres concernés sur ce sujet.


Voir l’intervention de Pascal Champvert, AD-PA, en images.


Le professeur de santé publique Jean-Claude Henrard estime que les derniers débats ne sont pas allés au bout du besoin de réforme de l’organisation de l’aide et des soins aux personnes âgées.
Il faut accepter de revoir les organisations face à la trop grande fragmentation des offres. Ainsi il existe six solutions pour une toilette financée de 0 à 100%.
Le Pr Henrard veut que les politiques aient le courage d’afficher la répartition des attributions :
- Qui évalue la situation de la personne (avec quel référentiel ? La grille Aggir a ses limites, en attendant le Geva ?)
- Qui attribue l’aide ?
- Qui organise le plan d’aides ?
- Qui le suit régulièrement, coordonne les intervenants ?

Le dernier rapport de l’HCAAM (Haut conseil à l’avenir de l’Assurance maladie) montre que 3 millions de journée d’hospitalisation pourraient être évitées soit 2 milliards d’euros à redéployer vers les services à domicile, les établissements médico-sociaux.
Jean-Claude Henrard souhaite que les responsabilités soient redéfinies : quel responsable au niveau Etat (quel ministère ? celui de la Sécurité sociale pèse énormément !), quel responsable local (définir un leader entre l’ARS : agence régionale de santé, les départements, les collectivités locales), mettre en œuvre un référent professionnel pour les situations complexes, définir des incitations financières pour développer une filière médico-sociale de qualité, définir une vraie filière de formation médico-sociale (Attention aux situations où les personnels les moins formés, les moins encadrés viennent à aider les personnes âgées les plus malades). Les enjeux sont politiques !


Voir le Pr Henrard en images



Il faut marteler que 8 personnes de 80 ans sur 10 vont bien merci ! rappelle Geneviève Laroque.
Notre société ne serait pas capable de proposer les même droits (maladies, aides à la vie quotidienne) à tout citoyen quel que soit son âge pour compenser les conséquences de la déficience ?
A nous de rappeler les faits : la compensation des déficiences n’est pas insurmontable par notre société. Elle est limitée à une petite partie des personnes âgées (notamment). Aujourd’hui on ne supporte pas et on donne accès à des droits pour tout citoyen en cas de maladie.
Aujourd’hui, pour les personnes de plus de 60 ans, en France, cette compensation est mal financée, inéquitable, et éthiquement inacceptable.


Voir Geneviève Laroque, FNG



Dans une démocratie on ne tiendrait pas compte d’un groupe parce qu’il est très nombreux et qu’il pèserait lourd dans les dépenses qui lui incombe ?
La question de l’aide aux personnes âgée va s’imposer de plus en plus dans les débats démocratiques, estime Pascal Champvert. Chaque citoyen est aujourd’hui concerné.


Voir Pascal Champvert, AD-PA


Retrouver sur le blog du Collectif Une société pour tous les âges
- les fiches pédagogiques pour animer des débats : Fragmentation des aides (6 solutions pour une toilette à domicile), les aidants, pour un vrai 5e risque, qui n’est pas qu’une question d’argent
- les interpellations des présidentiables de 2007 : lettre aux candidats et leurs réponses

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