Aller sur la navigation Aller au contenu principal Aller sur la recherche

Eloge de la faiblesse d'Alexandre Jollien chez Marabout

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 13/11/2011

0 commentaires

ELOGE DE LA FAIBLESSEPublié en 1999 « Eloge de la faiblesse » vient d’être réédité par Marabout. Alexandre Jollien avait 24 ans lorsqu’il a écrit ce premier ouvrage dans lequel , conviant Socrate à ses côtés, il entreprend un voyage dans les profondeurs de son corps et de son âme. Embarqué dans l’aventure c’est ainsi de l’intérieur que le lecteur découvre la richesse de la différence et ce que rester debout veut dire.

Alexandre Jollien a vécu dix sept ans dans un centre pour personnes handicapées moteur cérébral
. Par ce livre dit-il sur son site « J’ai voulu tout d’abord témoigner d’un état d’esprit : la joie au cœur de l’épreuve, la joie de progresser sur les chemins hasardeux de l’existence. » C’est en effet de l’apprentissage au cours de ces années et de ce qu’il appelle « le dur métier d’homme » dont Alexandre s’entretient avec Socrate au cours de cette petite centaine de pages percutantes.

Il y est question de la force de l’amitié entre compagnons « L’amitié nous unissait, nous rendait plus forts. Nous nous aimions…. La douceur de notre affection réciproque parvenait quelque peu à amenuiser la solitude » et du soutien mutuel nécessaire pour affronter l’épreuve de la différence de chacun.

Présence, gestes regards comptent plus que tout et atténuent l’isolement. Il évoque la force de l’altérité « Par un comment ça va ? nous entrions dans l’existence de l’autre, prenions sur nous ses souffrances ».

Il y est question d’angoisse au fond de laquelle il faut puiser jusqu’à la source pour remonter la joie.
Joie peu à peu de se sentir devenir homme. 

Il y est question d’acceptation, de se faire accepter d’une part, de « l’autre monde » dont il fallait apprendre les codes, le langage, les interdits mais aussi et d’abord d’acceptation de soi par soi qui nécessite un rigoureux travail.

Il y est question du regard des autres de la peur de la différence qui s’y cache , de certains « regards qui tuent ». Il témoigne de son refus de la pitié de son dégoût pour la condescendance.

Il y est question du trop de distance mise par les éducateurs alors qu’une écoute amicale est recherchée. « Distance clinique qui finalement nuit ». Formés psychologiquement, les éducateurs peinent à appliquer leurs schémas théoriques dit Alexandre à Socrate évoquant « le sentiment que les éducateurs nous soignent plutôt qu’ils ne nous aiment ».

Sous le questionnnement du maître, Alexandre ainsi confie peu à peu ce qui l’a construit ,
il évoque avec affection et tendresse le Père Morand, le vieil aumonier du Centre qui l’ouvrit à la réflexion philosophique et fit qu’il entreprit ensuite des études dans ce domaine. Dans ce court ouvrage Alexandre Jollien livreau lecteur ce qui a contribué à batir sa personnalité bien singulière et s’attache à dmontrer que faiblesse, vulnérabilité, épreuve peuvent devenir des lieux de liberté et de joie.

Eloge de la faiblesse

[Poche]
Alexandre Jollien
Prix conseillé : EUR 3,90
Poche : 96 pages
Editeur : Marabout (7 septembre 2011)
Collection : Psychologie

Partager cet article

Sur le même sujet