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Gironde : plus touchés par les affections de longue durée (56%) mais très entourés, les retraités agricoles vivent peu en maison de retraite

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 16/01/2012

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Le milieu agricole avec ses traditions de solidarité familiale et de voisinage s’adapte mieux au vieillissement

Lancée en 2007 auprès de 1000 retraités agricoles (76 ans et plus) de la région Gironde, l’étude épidémiologique AMI, initiée par Agrica en association avec la MSA et l’IFR Santé Publique, est un programme unique de recherche multidisciplinaire mené sur le vieillissement et la dépendance” en milieu rural et agricole.
Conduite par le Pr. J.F Dartigues, neurologue à l’Université de Bordeaux Segalen, Centre de Recherche INSERM U897, l’étude met l’accent sur le vieillissemet cérébral (maladie d’Alzheimer), fonctionnel (fragilité et dépendance) et l’identification des spécificités et inégalités de santé entre le milieu rural et le milieu urbain.

Plus de la moitié des retraités agricole est atteinte d’une affection de longue durée (ALD).
36,5% des participants souffrent notamment d’affection cardiovasculaire, telle que : hypertension artérielle sévère, accident vasculaire cérébral, arthériopatie chronique, insuffisance cardiaque ou maladie coronariennne. Ces résultats corroborent l’étude pharmaco-épidémioogique menée en parallèle.
Les cancers (11%) et le diabète (10%) sont les autres ALD plus féquentes.
Un comparatif avec les retraités du régime général revèle que les retraités du monde agricole sont deux fois plus touchés par l’insuffisance cardiaque, notamment.

Les retraités agricoles plus fragiles que les citadins. Un travail exploratoire a été réalisé sur la fragilité à l’aide d’un indicateur basé sur 5 compoantes : perte de poids, épuisement, sédentarité, lenteur de la marche et faiblesse musculaire. Ce travail montre que près de 9% des participants à l’étude peuvent être considérés comme fragiles dontre 7% dans l’étude 3 Cités menée exclusivement sur une population urbaine. L’écart peut en partie s’expliquer par l’age moyen plus avancé des participants à l’étude AMI.

Seuls 3,5% des retraités suivis dans l’étude AMI vivent en maison de retraite (Ehpad). Et, l’on note que 15% seulemet des personnes souffrant de maladie d’Alzheimer ou trouble apparenté résident en établissement d’accueil contre 40% des malades dans la cohorte personnes suivies dans l’étude Paquid (population globale de 75 ans e tplus).
52% des participants d’AMI touchés par ces pathologies n’ont eu aucun recours à un médecin, contre 32% en milieu urbain (étude des 3 cités). 80% d’entre eux ne sont pas non plus répertoriés officiellement comme atteint par une ALD dans les bases de données de l’assurance maladie (MSA).
La prise en charge” de la perte d’autonomie s’organise davantage autour du domicile ou dans le cadre de famille d’accueil, foyer logement. Le milieu agricole avec ses traditions de solidarité familiale et de voisinage s’adapte mieux au vieillissement. 44% des participants déclarent avoir quotidiennement la visite d’un proche.

Le niveau d’études, un facteur discriminant face à la maladie. L’étude AMI confirme qu’un retraité agricole a deux fois plus de chances d’être atteint de troubles neuro-dégénératifs s’il n’a pas obtenu son certificat d’études primaires (16,6% contre 8,3%) et trois fois plus de présenter de multiples déficiences (48% contre 15%).
Un faible niveau d’études peut en effet être un indicateur indirect de conditions de vie et de travail, de la sensibilité aux messages de prévention, des difficltés financièress d’accès aux soins, notamment spécialisés (lunetteries, soins dentaires, prothèses auditives ; il peut être aussi responsable du risque de souffrir d’une ALD

Cette 3ème vague de l’étude AMI confirme une discordance entre les données objectives et subjectives de santé
Selon les critères subjectifs 50% des participants estiment leur état de santé plutôt bon. 78% sont satisfaits de leur vie (43% très satisfaits). 48% obtiennent le maximum au score de bonheur. Contre 21% dans 3C et 24% dans Paquid
Selon les critères objectifs, la situation de santé des ruraux est plutôt mauvaise. 34% présentent une multimorbidité (4 pathologies ou +) : « démence », déficiences visuelles, pathologies cardiovasculaires,
« dépendance « et sont davantag en ALD

Le paradoxe rural-urbain entre la réalité (objective) vs la perception (subjective) des conditions de vie peut s’expliquer par le fait que :
- les urbains ont tendance à se focaliser sur ce qui leur fait défaut (problèmes financiers, de santé, défaut d’entourage social)
- les ruraux se satisferaient davantage de ce qu’ils ont malgré les difficultés économiques et sociales
- les ruraux bénéficient également de + nombreuses interactions sociales et d’une meilleure sécurité affective
Le plus faible taux de dépression chez les ruraux âgés peut s’expliquer par le fait les ruraux se projetteraient moins dans le futur et sont davantage dans le « ici et maintenant ». La projection dans l’avenir est en effet anxiogène.

Retrouvez notre précédent article. Vague 2

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