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Bien vieillir (prendre soin de soi)

Abus, ambivalence, argent (AAA)

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 20/02/2012

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Quand on pense maltraitance de personnes âgées, situation à risque, le réflexe est maintenant d’appeler le 3977, numéro d’appel national installé depuis quatre ans.

Des écoutants professionnels, psychologues, aident à mettre en ordre” des situations douleureuses, souvent complexes.
Ils analysent le problème avec la personne qui appelle (personne âgée elle-même, témoin, professionnel). Ils suggèrent une action comme l’intervention de proximité que l’appelant peut refuser.
Ce dernier décide si un dossier sera transmis (via un système sécurisé) à un des partenaires locaux de l’association (association du réseau Alma) aux tutelles chargées de la bientraitance des personnes vulnérables (Agence régionale de santé/​ARS, Conseil Général/​CG, CCAS des villes : centres communaux d’action sociale).

La réalité des abus de personnes âgées fragilisées, des situations à risque est tangible : le 39 77 enregistre plus de 100 appels par jour (quatre fois plus en cas de médiatisation du numéro ; voir les faits divers cette semaine).
Pour autant, les vieilles personnes fragilisées n’ont pas perdu leur libre arbitre et peuvent tout à fait être jugées responsables de leur actes. Un tribunal a eu ainsi raison de valider le cadeau d’un tableau de prix par une personne âgée à son aide à domicile. Certains choix peuvent paraître osés (et être dénoncés par des proches), mais peuvent aussi relever du libre arbitre de personnes qui demeurent adulte, majeurs et autonomes.

Les professionnels du 3977 (l’association Habeo) soulignent la fréquente ambivalence des appelants, notamment quand il s’agit de la personne âgée victime.
Celle-ci souffre, veut parler, mais … ne veut pas rompre le fragile équilibre avec son proche maltraitant, lui aussi, souvent, en situation de vulnérabilité.

Un des enjeux clé explique le Pr Moulias président de l’autre association d’écoute (ALMA France) est l’argent.
Il est source de tensions familiales, de choix souvent douloureux notamment quand les services d’aides professionnels, les établissements d’accueil sont trop onéreux.
Le ou les aidants finissent par s’épuiser, au risque de dérapages, de négligences, voire de violences.

Certes, les questions de situation de maltraitance sont personnelles, intra-familiales, mais que dire d’une société qui n’accompagne pas ses membres les plus fragiles ?
Qui ne met pas en oeuvre de politiques publiques d’envergure pour lutter contre la maltraitance de personnes vulnérables ?
Qui ne solvabilise pas l’accès à des services nécessaires à la vie quotidienne ?
Qui ne mobilise pas les moyens humains, en structures, pour accompagner dignement cette dernière partie de la vie ?

Les élections qui approchent sont un des temps où ces questions doivent être posées.
La rédaction d’Agevillage se mobilise à nouveau, avec plusieurs collectifs pour interpeller les candidats à l’élection présidentielle.

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