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Dépistage de la maladie d'Alzheimer : le TAV va-t-il succéder au MMSE ?

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 20/02/2012

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Comment mieux dépister les patients touchés par la maladie d’Alzheimer

Le test d’association visuelle (TAV) va-t-il succéder au Mini-Mental State Examination (MMSE) pour dépister les démences ? 

Dans un article publié par le JIM (Journal international de médecine), le Dr Anne Bourdieu explique que le MMSE ne figure plus dans les recommandations en raison de son incapacité à détecter les patients victimes de la maladie d’Alzheimer (MA. Le TAV qui utilise l’association visuelle de matériel pictural donne de bons indices et évite les biais liés aux aptitudes langagières. 

Les performances du TAV en matière de diagnostic précoce de démence ont été comparées à celles d’autres tests, dans une étude qui a porté sur 423 personnes âgées de 75 à 89 ans tirées au sort dans 29 cabinets de médecine générale en Allemagne entre 2006 et 2007.

Tous les participants on fait auparavant l’objet d’un bilan neuropsychologique. 

Avec le TAV, le sujet doit d’abord dénommer les objets représentés sur les 6 cartes indices sans qu’il lui soit signifié qu’il ait à se les rappeler (apprentissage incident) puis six autres cartes « associatives » lui sont montrées représentant l’objet des six premières cartes associé à un autre objet. 

Dans un troisième temps (rappel indicé), les six premières cartes sont à nouveau présentées et le sujet doit identifier par voie verbale, écrite, dessinée ou mimée, l’élément manquant sur celles-ci (c’est-à-dire celui qui figurait sur le second lot de carte).
Le processus peut être répété si l’ensemble des réponses n’est pas correct.

Au total le diagnostic de démence a été posé chez 21 des patients inclus (5 %) : 10 maladies d’Alzheimer, 2 démences vasculaires, 6 mixtes, 2 sans étiologie. Les moyennes d’âge (82,4 ans) et le sex ratio (plus de 60 % de femmes) étaient similaires à ceux des sujets sains. Le score de dépression GDS (Geriatric Depression Scale) était légèrement supérieur. Onze diagnostics ont été faits lors du 1er examen de suivi, 10 au second.

Le TAV a distingué les participants atteints de démence de ceux sans démence avec une sensibilité de 95,2 % et une valeur prédictive positive de 55,6 % et une valeur prédictive négative de 99,7 %.

Ces performances sont supérieures à celles des tests MiniCog, de rappels immédiats et différés, de reconnaissance de liste de mots, de fluence verbale et du test de l’horloge. Elles ne semblent pas affectées par certains facteurs de confusion tels que le sexe, le niveau d’études, la langue maternelle, les maladies. Seuls l’âge et la dépression ont un impact. Le seuil diagnostique a été proposé à 7 (sur 12) pour une population âgée.

Les qualités du test doivent être précisées pour des niveaux de langage inférieurs et dans les stades légers de démence. Sa sensibilité n’est pas supérieure à celle des autres tests, mais ses hautes spécificité et valeur prédictive positive sont susceptibles de minimiser le risque de faux positif ce qui ne peut que rassurer les praticiens. Il est facilement accepté par les patients et ne met pas l’accent sur leurs difficultés. Associer un test de rappel verbal indicé (MIS) au TAV serait utile pour différencier les MA des sujets dépressifs et sains. Le TAV peut également trouver son utilité chez les patients aphasiques ou avec un faible niveau de langage. 

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