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Revue Projet : Quand nos aînés déclarent la dépendance

Auteur Rédaction

Temps de lecture 4 min

Date de publication 27/02/2012

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Revue projetLa revue Projet” travaille un avenir en commun”. Le dossier de son numéro de Février 2012 revient sur la réforme de la dépendance, mesure promise par le candidat Nicolas Sarkozy en 2007, et sans cesse reportée.
La revue estime que malgré l’individualisation des comportements, nous ne sommes pas moins solidaires à l’égard de nos proches dépendants”.
A nous d’ oser, surtout, la solidarité”.

Au sommaire de ce dossier
Dépendance : au-delà des coûts
par Marie-Eve Joël, Université Paris Dauphine, présidente du Conseil scientifique de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie).
Elle rappelle que le pourcentage de gens ayant besoin d’aide n’est pas catastrophique” : 7% des personnes âgées de 60 ans, 17% des 80 ans et 42% des 90 ans. Un large majorité des personnes âgées de plus de 90 ans n’ont de pertes d’autonomie majeures. La perte d’autonomie n’est pas un passage obligé” de la vieillesse.
Elle rappelle aussi que la famille reste le premier financeur de la dépendance (aides en nature et financières, reste à charge de plsu de 1 600 euros par mois en établissement médicalisé). La génération doit arbitrer entre les besoins des générations plus jeunes et plus âgées, parfois jusqu’à l’épuisement.
Elle rappelle le rapport de 2007 de la CNSA pour un droit universel à la compensation s’appuyant sur un socle de solidarité national, la convergence des système d’aides. Elle rappelle les limites des 3 millions de contrats assurance dépendance.
Pour Marie-Eve Joël, il faut industrialiser” un système complexe pour proposer des réponses cohérentes et efficientes à des populations croissantes demandant une individualisation des soins et de l’aide. Elle mise sur le déploiement orchestré d’innovations : télé-médecine, télé-assistance, géo-localisation, domotique, robotique… ainsi que sur l’accessibilité de l’environnement urbain, rural, qui bénéficie à toutes les génération.

Soutenir ses parents, jusqu’où ? questionne le docteur en sciences économiques Roméo Fontaine
Il remet en cause la rupture entre génération”. La famille reste une ressource importante pour l’aide aux personnes âgées (dans 90% des sitations où les professionnels interviennent, la famille / les proches sont partie prenante). Cette implication est 2 à 5 fois supérieure à l’action des professionnels.
Face au travail des femmes, à l’obligation de mobilité professionnelle, la pérennité des réseaux familiaux d’entraide s’invente (frères, soeurs, utilisation des technologies).
L’association de l’aide et du travail s’invente. D’autant que le travail constitue une source de répit, qui libère du rôle d’aidant”.
Nos sociétés modernes inventent de nouvelles articulations entre solidarités publiques et privées.

Une personne dépendante reste un sujet désirant rappelle Bruno Dal Palu, psychologue et docteur en psychanalyse.
Pour les proches, pour les enfants il est inacceptable, voire intolérable, d’observer que ceux qui nous ont encouragés à être autonome prennent le chemin inverse”.
Une phase de déni est constatée, avec le besoin de stimulations… jusque la maltraitance parfois. Ce n’est que lorsque la personne se met en danger ou met en danger ses proches que surviennent les arguments ce sera mieux pour toi”, On ne peut pas faire autrement”, Tu ne peux pas rester comme ça”.
La tendance à l’infantilisation est classique, déplore l’auteur.
Si le métier de parent ne s’apprend pas, celui d’aidant encore moins”. Mais des soutiens et informations devraient être prodigués
> Préserver la dignité de la personne aidée : faire la chasse” à tout ce qui peut infantiliser (altercations, exercices pour enfants…)
- Accueillir la personne telle qu’elle est (Accompagner sa malades > Ndlr : enjeu de notre DVD dédié au aidants familiaux de personnes malades Alzheimer sur l’approche Humanitude : comprendre pour aider au quotidien).
- Valider les désirs de la personne âgées (approche de Naomie Feil)

Les aidants au coeur du système social, par Serge Guérin, sociologue
Sur 7 à 8 millions d’aidants, 4 soutiennent des personnes âgées ou malades chroniques.
Voir son interview en image à l’occasion de la journée mondiale des aidants 2011 sur Agevillage

Dépendance, place aux bénévoles, par Jean-François Serres secrétaire général de l’association des petits Frères des pauvres.
Le bénévolat d’accompagnement créé avec la personne âgée seule uen relation d’alter ego, dans la confiance et la durée, qui permet de replacer les intervenants professionnels dans uen relation juste et complémentaire.
Les bénévoles ne sont ni des substituts des aidants familiaux, ni des professionnels.
Par un pacte social et fraternel, leur action redonne aux personnes les plsu fragiles, leur place dans la société.
Voir aussi la proposition Voisin-Age des petits frères primé par Agevillage

Dépendance, sortir du carcan réglementaire par Patrica Vézignol, qui supervise 6 établissements pour personnes âgées dépendantes dans la Drôme, l’Ardeche et le Gard.
Elle invite les directeurs d’établissement à entrer en désobéissance, avec raison”.
Elle s’élève contre les normes contradictoires : les établissements coutent cher > laissons les meubles jolis s’installer (mais ils ne sont pas coupe feu”), revenons à une alimentation familiale, y compris avec les fruits et légumes des jardins (ce qui demandent des dérogations actuellement des services vétérinaires !)
Plutôt que de répondre à des normes de sécurité, d’accessibilité exagérées : mobiliser des aides et des énergies pour soutenir le quotidien de ces établissements (cortège de deuils, de renoncements) , les équipes professionnelles (désenchantements, voire désespérances).

Non, à la privatisation de la dépendance par Yves Vérolet et Monique Wéber
rapporteur du CESE (Conseil économique, social et environnemental) sur la question de la dépendance.
Voir les conclusions du rapport (socle de solidarité nationale, taxation des successions et donations, alignement de la CSG des retraités)

Autonomie et solidarité par Bertrand Cassaigne
Les personnes âgées fragilisées interrogent notre modèle du lien social et de l’avantage mutuel.
Comment apprend-elle la fraternité dans la rencontre des faiblesses et des limites ?”.

Projet / CERAS (action sociale)
numéro 326

Février 2012

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