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Un anticancéreux améliore la mémoire de souris atteintes d'Alzheimer

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 19/03/2012

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Une étude parue dans le Journal of neurology”

États-Unis — WASHINGTON — Un médicament anticancéreux utilisé pour traiter les tumeurs cérébrales a ralenti la détérioration neurologique et amélioré le fonctionnement du cerveau de souris atteintes d’Alzheimer, révèle une étude publiée mardi.

Les résultats de cette étude laissent penser que ce traitement, appelé épothilone D (EpoD), pourrait un jour être utilisé pour traiter des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer aux premiers stades de développement. Ces travaux, menés par Kurt Brunden et ses collègues de la faculté de médecine de l’Université de Pennsylvanie (Nord-Est), ont été publiés dans le Journal of Neuroscience” du 14 mars.

Les cellules nerveuses chez les personnes souffrant d’Alzheimer sont étouffées par des enchevêtrements de protéines dites tau, qui dans un cerveau sain contribuent à stabiliser des structures dans les cellules nerveuses appelées microtubules. Ces microtubules transportent des nutriments et d’autres substances nécessaires au bon fonctionnement des cellules nerveuses à l’intérieur de celles-ci, expliquent les auteurs de l’étude.

Un nombre croissant d’indications montre qu’une perturbation du fonctionnement normal des protéines tau, observée chez les malades d’Alzheimer, pourrait affecter ces microtubules et endommager les cellules nerveuses. L’anticancéreux EpoD stabilise ces microtubules et empêche leur destruction, améliorant ainsi le fonctionnement cognitif des souris atteintes d’Alzheimer.

Ces résultats conduisent à penser que l’anticancéreux EpoD pourrait avoir des effets thérapeutiques bénéfiques pour traiter Alzheimer et d’autres maladies neurodégénératives (…) dans lesquelles on observe des enchevêtrements anormaux de protéines tau”, estime le Dr Brunden.

Les auteurs de cette étude ont administré de l’EpoD pendant trois mois à raison d’une fois par semaine à plusieurs souris âgées atteintes d’Alzheimer. Les rongeurs ont connu une diminution de la formation des enchevêtrements de protéines tau dans le cerveau, ce qui ne s’est pas produit dans le groupe de souris témoin souffrant d’Alzheimer mais non traitées.

Les souris soumises à l’anticancéreux ont aussi obtenu des résultats nettement meilleurs aux tests de mémoire et d’apprentissage, selon ces chercheurs dont les travaux ont été en partie financés par les Instituts américains de la santé (NIH). Une étude menée auparavant par cette même équipe avait montré que de jeunes souris atteintes d’Alzheimer et traitées avec de l’EpoD n’avaient pas montré les symptômes de la maladie.

Par ailleurs, début février d’autres chercheurs avaient dévoilé que l’anticancéreux Bexarotene, avait rapidement restauré les fonctions cérébrales normales de souris atteintes d’Alzheimer. Ils avaient constaté sous l’effet de ce traitement la disparition rapide des plaques de bêta-amyloïde, forme de protéine dont l’accumulation est une des principales caractéristiques pathologiques de cette dégénérescence incurable.

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