Aller sur la navigation Aller au contenu principal Aller sur la recherche

L'arthrose : un dossier de l'Inserm fait le point

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 07/05/2012

0 commentaires

Seuls des traitements symptomatiques soulagent la douleur provoquée par l’arthrose, maladie avec plusieurs facteurs de risques bien identifiés conduisant à la destruction du cartilage. La recherche sur les mécanismes en cause, très active, devrait permettre de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques dans les années qui viennent pour développer des médicaments spécifiques contre cette maladie articulaire à part entière.
Le dossier de l’Inserm réalisé en collaboration avec le Pr Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie, faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie Paris VI, hôpital Saint-Antoine, AP-HP, unité UR4 Pierre-et-Marie-Curie fait le point sur l’avancement de la recherche.

L’arthrose la maladie articulaire la plus répandue se caractérise par la destruction du cartilage
qui s’étend à toutes les structures de l’articulation, notamment l’os et le tissu synovial. Le cartilage, qui tapisse les extrémités osseuses d’une articulation et leur permet de glisser l’une sur l’autre, perd en épaisseur, se fissure et finit par disparaître, entraînant des douleurs et un handicap majeur avec une perte de mobilité. Actuellement, les mécanismes de cette dégradation sont mal connus et font l’objet d’une recherche active. 

La destruction du cartilage est un véritable processus pathologique lié à l’âge, un dysfonctionnement métabolique, un excès de pression, à certaines maladies de l’articulation ou encore à la fragilité naturelle du cartilage. L’hérédité est un facteur de risque possible, notamment pour l’arthrose des mains.
Les contraintes mécaniques comme la surcharge pondérale, le port fréquent de charges lourdes, une activité physique trop intense contribuent à abîmer le cartilage. Certaines anomalies anatomiques ou séquelles de traumatisme (fracture articulaire, entorse négligée, luxation, ablation du ménisque) y participent également. D’autres maladies touchant l’articulation comme la chondrocalcinose (dépôts de calcium dans le cartilage), l’ostéonécrose ou la polyarthrite rhumatoïde, peuvent également favoriser son apparition. Enfin, des désordres métaboliques générés par une obésité semblent également être en cause. Les personnes obèses présentent par exemple deux fois plus de risque de développer une arthrose des mains. 

Le diagnostic de la maladie repose sur un examen clinique et des radiographies de l’articulation permettant d’observer le pincement de l’interligne articulaire qui joint les os. Il est souvent utile d’en pratiquer régulièrement, tous les 1 à 2 ans, pour observer la sévérité mais surtout la vitesse d’évolution de la maladie, notamment pour les atteintes non rachidiennes. 

Très fréquente après 65 ans l’arthrose évolue de manière imprévisible. Les lésions du cartilage ne régressent pas au cours du temps et leur évolution n’est pas linéaire. Elle peut être très rapide et rendre nécessaire la pose d’une prothèse, par exemple de la hanche, en moins de 5 ans. L’arthrose peut également évoluer lentement, sur plusieurs années, sans induire de handicap majeur. 

Aucune thérapeutique anti-arthrosique capable de protéger le cartilage n’est actuellement disponible. Il n’existe que des traitements symptomatiques pour soulager la douleur. Les traitements médicamenteux doivent toujours être associés à des mesures non médicamenteuses. 

Des mesures indispensables sont à prendre pour limiter la progression de la maladie. Elles doivent être personnalisées en fonction des pathologies associées et de la localisation de l’arthrose.
Il est recommandé de :
- perdre du poids en cas d’excès,
- pratiquer une activité physique régulière et d’intensité modérée en dehors des poussées inflammatoires, par exemple de la marche à raison de 3 fois une heure par semaine,
- éviter de porter des charges lourdes,
- adapter son environnement à son état de santé, par exemple s’aider de rampes dans la baignoire ou mettre les ustensiles à portée de mains dans la cuisine,
- se munir d’une canne lors des poussées,
- porter des semelles orthopédiques en cas d’arthrose du genou (gonarthrose), etc.

La prothèse, articulation artificielle qui remplace l’articulation malade, nécessite une intervention chirurgicale, l’arthroplastie. Elle est indiquée pour la hanche ou le genou en cas de handicap sévère. Si elle permet le plus souvent d’améliorer nettement la qualité de vie, son efficacité est néanmoins limitée à une quinzaine d’années en moyenne. 

Plusieurs molécules anti-inflammatoires sont en cours d’évaluation pour lutter contre l’inflammation et stimuler la production de cartilage ou d’os, en attendant d’obtenir de nouvelles cibles thérapeutiques. Une inflammation locale semble effectivement impliquée dans la dégradation du cartilage.

Des molécules ayant un effet ciblé sur l’os sont également testées dans l’arthrose, comme l’acide zoledronique ou encore le ranelate de strontium, déjà commercialisés pour traiter l’ostéoporose caractérisée par une fragilité osseuse, et en cours d’évaluation chez l’homme dans l’arthrose du genou. 

L’autre objectif des chercheurs est de réparer les lésions cartilagineuses, voire de remplacer le cartilage grâce à des greffes de cellules injectées directement dans l’articulation. Des essais sont en cours avec des chondrocytes associés à un biomatériau pour fabriquer un cartilage semi-artificiel ou des cellules souches. 

Lire l’intégralité du dossier et aller plus loin sur le site de l’Inserm

Partager cet article

Sur le même sujet