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Fondation de France : la solitude concerne tous les âges

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 02/07/2012

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Elle s’est accrue de 20% depuis 2010

4,8 millions de personnes seules en France en 2012. Tel est le constat de la Fondation de France qui publie son rapport annuel. 

Attentive au phénomène d’exclusion qui place la solitude au coeur de la question sociale, la Fondation de France vient de rendre public son Rapport 2012 sur les Solitudes*. Loin de reculer, la solitude a progressé de 20% depuis 2010 et s’étend à des populations jusqu’ici épargnées par le phénomène.

Face au délitement croissant des liens sociaux, la Fondation de France affirme son engagement dans la lutte contre les Solitudes au travers des actions qu’elle identifie, accompagne et soutient financièrement. « Si la réponse matérielle, médicale ou économique à une situation constitue une étape incontournable, reconstruire la personne dans sa capacité à entretenir des liens durables revient à restaurer pleinement sa dignité d’être humain » souligne Francis Charhon, Directeur général de la Fondation de France. 

La part de la population française en situation d’isolement a augmenté de 20% en deux ans. 11% de Français (9% en 2010) soit 4,8 millions de personnes, ne disposent d’aucun réseau de sociabilité et peuvent donc être considérés comme objectivement seuls. 

De plus en plus jeunes : 9% des 30 – 39 ans sont seuls en 2012, alors qu’ils n’étaient que 3% en 2010. Le profil de ces trentenaires peut expliquer cet isolement : ils vivent généralement seuls, sans enfant, sont peu diplômés et rencontrent des difficultés à trouver leur place dans le monde du travail. Ainsi, l’âge moyen des personnes isolées passe de 59 ans à 54 ans.

Le travail n’est plus un gage d’insertion sociale : le travail, longtemps apparu comme l’un des grands moyens d’insertion dans la société, ne joue plus ce rôle aujourd’hui : 27% des Français en emploi (contre 20% en 2010) disent ne pas être en mesure de construire des relations autres que strictement professionnelles avec leurs collègues.

Les travailleurs pauvres (- de 1000€ de revenus par mois) qui cumulent souvent précarité de l’emploi, temps partiel et horaires décalés et les travailleurs indépendants sont les plus exposés. 44% d’entre eux (contre 36% en 2010) n’ont pas de relations sociales dans le cadre de leur travail.

« Je ne compte pour personne, je ne compte pour rien ». 13% des Français éprouvent en 2012 un sentiment d’abandon, d’exclusion ou d’inutilité (10% en 2010). Ce ne sont plus les autres qui manquent à leur place, c’est la personne seule qui n’a plus de place parmi eux : « que l’on soit là ou pas ne change rien pour personne ».

On ne nait pas seul, on le devient : la solitude est le résultat d’un processus qui peut être enrayé. Les raisons d’isolement citées renvoient à une rupture familiale (31%), amicale (13%), professionnelle (10%), à un problème de santé ou de logement.

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