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De plus en plus de retraités retournent au travail

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 28/07/2012

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Nécessité souvent, mais plaisir aussi

Disponible et organisée”, Nicole, 62 ans, voudrait rempiler comme secrétaire. Gilles, 55 ans, courageux et ponctuel”, recherche, lui, des heures de jardinage : les retraités, souvent par nécessité, sont de plus en plus nombreux à reprendre le chemin du travail.

Estimé à 500.000 dans un rapport publié en juillet par l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas), le nombre de ces retraités-actifs” a plus que doublé entre 2006 et 2011 pour le seul régime général, grimpant de 137.000 à quelque 308.000, révèle la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav).

Pour ces travailleurs qui jouent les prolongations, âgés de 65 ans en moyenne, il s’agit souvent de compléter une retraite insuffisante (1.015 euros par mois en moyenne pour une carrière complète au régime général) par une activité à temps partiel. Les salaires de ces retraités-actifs”, encouragés en 2009 par un assouplissement des conditions de cumul emploi-retraite, atteignent ainsi entre un quart et un tiers de ce qu’ils touchaient dans la vie active.

Quelques centaines d’euros, c’est ce qu’il manque à Monique Nicolas, 69 ans, pour boucler ses fins de mois. Si je veux m’en sortir, il faut que je bosse”, résume cette ex-cadre de la fonction publique. Avec 1.300 euros de retraite, je ne suis pas à plaindre. Mais j’ai perdu mon logement de fonction et, sans aucune aide, entre mes 538 euros de loyer, les charges et ma fille que je dois aider, je ne m’en sors pas”, déplore cette grand-mère volontaire, installée dans l’Essonne.

Aide à domicile, garde d’enfants, ménage de nuit dans les entreprises… Depuis sa retraite en 2003, Mme Nicolas n’a jamais cessé de travailler, touchant 300 à 600 euros par mois, notamment grâce au site Seniorsavotreservice”, qui recense quelque 50.000 CV de retraités… deux fois plus qu’en 2011.

Lancé à 2008 pour mettre en relation particuliers employeurs et retraités, le site a évolué, notamment vers les entreprises, à l’instar de Décathlon, qui recherchent désormais ces profils jugés rassurants pour des postes dans la grande distribution ou le téléconseil”, explique Valérie Gruau, sa fondatrice.

Parmi les annonces déposées par ces travailleurs sur le tard, beaucoup aboutiront néanmoins à une mission non déclarée, n’étant pas comptabilisés dans les chiffres officiels. Après une carrière éclectique, Henri, 67 ans, propose ses services de bricolage à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). Il estime ses gains à 1.500 à 2.000 euros par an, au black”, se faisant parfois payer en tomates”. 

C’est toujours ça de pris”, lance cet homme fantasque, qui dit travailler certes pour compléter sa retraite de 1.100 euros, mais aussi pour faire des rencontres”.

On observe deux tendances : d’un côté, des profils avec des aléas de carrière qui cherchent à retarder une baisse de revenu, de l’autre des retraités avec des niveaux de salaires antérieurs élevés qui ne veulent pas quitter le milieu professionnel”, constate Vincent Poubelle, directeur Statistiques, Prospective et Recherche à la Cnav.

Michèle Sultana, 65 ans, relève de la deuxième catégorie. A la rentrée prochaine, cet ex-professeur agrégée de philosophie à Orsay (Essonne) officiera dans des organismes privés, pour continuer à être impliquée dans la vie sociale et rester en phase avec la génération de (s)on fils, âgé de 23 ans”.

Que ce soit par plaisir ou par nécessité, les retraités français restent toutefois moins actifs que leurs voisins européens. En 2011, le taux d’emploi des 65 – 69 ans atteignait 5,2%, contre 10% en Allemagne et 10,5% en moyenne en Europe.

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