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Maladie d'Alzheimer : échecs en série dans la recherche pharmaceutique

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 20/08/2012

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Des laboratoires arrêtent le développement de médicaments pourtant jugés prometteurs.

L’époque où l’entrée d’un médicament en phase de tests cliniques (c’est-à-dire d’essais sur des humains) était un gage de succès semble bien révolue. Les échecs se multiplient dans la recherche pharmaceutique. Depuis le 1er août, pas moins de quatre essais cliniques ont été abandonnés. 

Après avoir mis fin à un essai pour un traitement de la maladie d’Alzheimer en juillet, les géants américains Pfizer et Johnson & Johnson viennent de stopper un autre test de phase 3 (l’étape qui précède la demande d’homologation). La molécule utilisée n’a « pas plus amélioré qu’un placebo les capacités cognitives ou fonctionnelles chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer », ont-ils expliqué. 

Simultanément, la biotech Amgen a cessé les tests de phase 3 de son ganitumab contre le cancer tandis qu’un « sérieux problème de sécurité » contraignait BMS à abandonner le développement d’un traitement de l’hépatite C. Enfin, mauvaise nouvelle pour AstraZeneca, qui a peu de médicaments en développement et n’a pas diversifié ses métiers. Le laboratoire pharmaceutique anglais a dû mettre fin, faute de résultats, à des études sur la septicémie.

Toutes ces pathologies ont pourtant un besoin criant de traitements. Le cancer du pancréas reste « un objectif non rempli de la médecine », assure Sean Harper d’Amgen. La septicémie affecte encore 3 millions de malades par an, dont un tiers décède. Enfin, la démence, maladie d’Alzheimer incluse, a coûté plus de 600 milliards de dollars en 2010 avec 35 millions de personnes atteintes, rappelle Pfizer. 

Il y aura 65 millions de malades Alzheimer en 2030 et 115 en 2050.
La
recherche se complique. Les agences sanitaires sont plus exigeantes en matière d’efficacité et de sécurité des médicaments. « Autrefois, il y avait un peu de loterie. Des médicaments mis sur le marché pouvaient être bien meilleurs que d’autres, sans que les essais l’aient démontré », souligne Marc-Olivier Bévierre, directeur associé du cabinet de conseil Cepton. Aujourd’hui, les autorités réclament des essais qui comparent les nouvelles molécules aux traitements existants, et non plus comme auparavant à un placebo. Cela coûte plus cher.

Être aux côtés du patient
De toute façon, on ne trouve plus grand-chose avec les anciennes méthodes de recherche. Pour innover, il ne suffit plus de faire de petits tests simples à l’aveugle sur une grande quantité de molécules chimiques classiques en espérant que quelques-unes sortent positivement. « Il faut une compréhension plus intime des phénomènes biologiques et de la maladie. Cela demande une expertise beaucoup plus approfondie des mécanismes, des équipes pluridisciplinaires. Surtout, il faut être aux côtés du patient, observer sa maladie, faire des tests, parler avec des biologistes… », note Marc-Olivier Bévierre.

Les labos raccourcissent les délais entre le début de la recherche et les premiers essais sur un patient et ils tentent de pré-tester davantage les molécules pour éviter les échecs en phases 2 et 3. Surtout, ils s’appuient sur les petits labos, qui ont moins peur de prendre des risques. Car, les échecs coûtent cher. Johnson & Johnson passera une charge de 300 à 400 millions de dollars dans ses comptes pour solder les comptes de son dernier raté.

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