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Des chercheurs islandais découvrent une nouvelle variation génétique liée à Alzheimer

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 19/11/2012

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Une mutation du gène TREM2 rend les cellules immunitaires moins efficaces

Une mutation rare d’un gène lié au système immunitaire accroîtrait nettement le risque de développer la maladie d’Alzheimer chez des personnes âgées, selon une étude islandaise publiée mercredi 14 novembre aux Etats-Unis.
Cette variation du gène TREM2 trouvée chez près d’un Islandais sur 200 âgés de plus de 85 ans, multiplie de trois à cinq fois le risque d’Alzheimer, a déterminé le Dr Kari Stefansson, de la firme de Code Genetics à Reykjavik en Islande, principal auteur de cette recherche parue en ligne dans la revue américaine New England Journal of Medicine.
Quand ce gène est normal, les cellules immunitaires fonctionnent parfaitement dans le cerveau éliminant les protéines toxiques beta amyloïdes qui forment des plaques liées à la maladie d’Alzheimer.
Mais avec une mutation du gène TREM2, ces cellules immunitaires sont nettement moins efficaces pour attaquer ces protéines et les empécher de former des plaques.
Etant donné la fonction du gène dans le système nerveux central, sa mutation pourrait accroître les prédispositions à la maladie d’Alzheimer en raison de l’incapacité du cerveau à empêcher l’inflammation”, écrivent ces chercheurs. Ils soulignent aussi que les mutations du gène TREM2 sont rares, se produisant chez moins de 2% des personnes atteintes d’Alzheimer.
De plus, le fait que de nombreuses personnes porteuses de ce gène mutant ne développent pas la maladie à un âge très avancé laisse penser que cette mutation n’est ni suffisante ni nécessaire pour déclencher Alzheimer, soulignent les auteurs de l’étude.
Pour cette recherche, le Dr Stefansson et ses collègues ont tout d’abord analysé le génome de 2.261 Islandais avec un gène TREM2 normal et mutant. Ils ont ensuite comparé les fréquences des variations génétiques chez 3.550 personnes souffrant d’Alzheimer en les comparant avec 110.050 sujets dans la population générale en Islande.
Dans ce dernier groupe, près de 9.000 personnes avaient 85 ans sans signe d’Alzheimer tandis que 1.236 du même âge montraient des symptomes de dégénérescence mentale. La mutation était présente dans les trois groupes de contrôle allant de 0,62% dans l’échantillon de population générale à 0.31% dans le groupe sans aucun signe de démence.
Les chercheurs islandais ont pu également tester la fréquence du gène mutant TREM2 dans un groupe de malades d’Alzheimer (2.037) et sains (9.727) aux Etats-Unis, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Norvège. 
Avant cette découverte, un seul autre gène, ApoE4 mis au jour en 1993, était lié à un accroissement du risque de la maladie d’Alzheimer et ce dans des proportions similaires à celles de TREM2. ApoE4 est toutefois plus fréquent, présent chez 17% des personnes. Mais les scientifiques n’expliquent pas encore vraiment les raisons qui font qu’une mutation de ce gène accroît la susceptibilité à Alzheimer. Seulement la moitié des malades sont porteurs.
Quelque 35 millions de personnes dans le monde souffrent de démence dont Alzheimer est la forme la plus fréquente, selon l’Organisation Mondiale de la Santé.
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