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Parkinson : le laboratoire GSK condamné pour défaut d'information sur le Requip

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 03/12/2012

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Didier Jeambart était devenu joueur invétéré

Didier Jambart, un Nantais atteint de la maladie de Parkinson, a gagné son procès contre le laboratoire pharmaceutique GSK, mercredi 28 novembre, à Rennes (Ille-et-Vilaine). Pour la justice, la société a commercialisé un médicament défectueux et caché ses effets indésirables, notamment une addiction au jeu et une hypersexualité. Pour son avocat, l’angevin Antoine Béguin, « GSK doit arrêter le massacre » et ne pas se pourvoir en cassation.

Quand la décision de la cour d’appel est tombée, mercredi 28 novembre, Didier Jambart n’a pu retenir son émotion. Sept ans qu’il a engagé une bataille judiciaire contre le laboratoire pharmaceutique GSK.

Ce Nantais de 52 ans est atteint de la maladie de Parkinson. Son neurologue lui avait prescrit un médicament, le Requip, commercialisé par GSK. Des effets indésirables du médicament ont provoqué chez lui une forte addiction au jeu qui lui aurait coûté environ 50 000 €, et une hypersexualité pénible à vivre.

Le 30 mars 2011, le tribunal de Nantes lui avait donné raison, condamnant GSK à lui verser 117 000 € d’indemnités. Le laboratoire a fait appel. L’affaire a été replaidée le 10 octobre.

La décision de la cour d’appel de Rennes est tombée ce mercredi : elle donne raison à Didier Jambart. La société laboratoire Glaxosmithkline devra payer au Nantais 207 000 €. Elle devra aussi verser plus de 17 000 € à la caisse primaire d’assurance-maladie de Loire-Atlantique. Pour son avocat, l’angevin Antoine Béguin, « GSK doit arrêter le massacre » et ne pas se pourvoir en cassation.

« Insulté pendant sept ans »

« Je suis heureux que justice soit faite, a déclaré Didier Jambart, en sortant de l’audience. J’ai été insulté pendant sept ans par GSK, qui m’a sali, traité d’affabulateur. La France était le seul pays où GSK n’avait pas été condamné. Il l’est aujourd’hui pour avoir commercialisé un médicament défectueux et caché ses effets indésirables. »

Le Requip est aujourd’hui toujours commercialisé. « Mais c’est un bon médicament, rappelle Didier Jambart. Il apporte des soulagements indéniables aux parkinsoniens. Par contre, il faut que les règles du jeu soient transparentes : il a des effets indésirables. Aujourd’hui, c’est dit dans les notices. On s’est battu pour cela. »

Ce combat gagné ouvre-t-il la porte à d’autres procédures ? « Beaucoup de gens attendaient cette décision pour savoir quoi faire. Il faut savoir que c’est une procédure usante. Mes neurologues m’ont dit que ce combat a aggravé ma pathologie. »

Comment Didier Jambart voit-il l’avenir ? « Je vais enfin pouvoir dormir et profiter de la vie. C’est l’anniversaire de ma femme aujourd’hui. Elle ne pouvait pas avoir meilleur cadeau. » « Nous allons toucher des indemnités, ajoute celle-ci. Mais nous n’avons pas gagné au loto. Ça ne remplacera jamais ces années de douleur. »

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