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Aujourd'hui, nul ne peut hériter des photos de sa grand mère sur Facebook

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 07/01/2013

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La seconde vie de l’identité numérique

Les personnes âgées – 65 ans et plus – ne sont pas encore très nombreuses sur les réseaux sociaux : 1% en moyenne sur Facebook en Europe, 2% aux Etats Unis. Nul doute que ce pourcentage va aller croissant dans les années qui viennent. Les 4565 ans qui représentent aujourd’hui 10% des usages des médias sociaux basculeront dans la catégorie des 65 ans et + au cours des années prochaines. 
D’ores et déjà, la question de l’héritage numérique se pose.
Qu’advient-il de l’ensemble des contenus déposés sur un réseau social par une personne, quel que soit son âge, après son décès ? Le Wall Street Journal du 4 janvier a posé la question peu après que la famille Atkins ait échoué à récupérer les messages et photos déposées sur Facebook par Alison, leur fille de 17 ans, morte en juillet dernier d’une maladie du colon.
Lorsque Jaclyn Atkins, 20 ans, la soeur d’Alison, a voulu récupérer photos et messages, elle s’est heurtée à la politique de protection de la vie privée de Facebook. « Alison avait des messages, des poèmes, des photos que nous voulions récupérer pour mieux nous rappeler d’elle » dit Jaclyn. Atkins.
Mais utiliser les mots de passe d’Alison à la place d’Alison revenait à violer la politique de confidentialité des sites sociaux et peut être même la loi. Facebook a donc bloqué l’accès aux pages d’Alison sur son site. La famille craint aujourd’hui que cette mémoire ne soit effacée. Le 21 novembre, Alison a disparu des pages Facebook. Elle avait 500 amis. 
Entre les familles qui s’estiment les héritières de tout élément ayant appartenu à un proche décédé et les règlementations de protection de la vie privée des sites sociaux, il y a donc désormais conflit. 
Dans le cas de Facebook, les conditions générales d’utilisation du réseau social précisent que les données, dès leur publication, sont reviennent de droit à Facebook. « En d’autres termes, Facebook peut réutiliser ces données comme il l’entend ; elles ne font donc pas partie du patrimoine des ayants-droits : elles sont ab initio propriété de Facebook dès lors qu’elles sont publiées » écrit Murielle Cahen, avocate sur le site Avocat online.
Elle ajoute, « Facebook est donc libre de les revendre à des tiers et d’en faire un usage commercial. De plus, même après suppression d’un compte Facebook, les données personnelles sont conservées. Cela a fait polémique dans de nombreux pays notamment en Europe dans la mesure où cette clause était contraire à la Directive 9545 de la Commission européenne ».
Aujourd’hui, la question de l’identité numérique (emails, mots de passe, photos…) d’une personne n’a pas fait l’objet d’une règlementation. Cette identité numérique peut donc survivre à une personne décédée sans que ses ayant droits puissent la contrôler. Le danger est que cette identité pourra être commercialisée, salie, malmenée sans que personne puisse rien dire.

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