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Les consultations de cardiologues se remplissent de personnes âgées

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 21/01/2013

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Problèmes cardiologiques spécifiques après 80 ans

Confrontés au vieillissement de la population, les cardiologues sont de plus en plus fréquemment amenés à prendre en charge des patients très âgés qui posent des problèmes spécifiques, tant en termes de traitement que de prévention.
Comment soigner des malades fragiles qui souffrent souvent de plusieurs pathologies en même temps et prennent de nombreux médicaments ? Dans quels cas faut-il traiter l’hypertension artérielle et le cholestérol ? Est-il encore utile de prescrire l’arrêt du tabac après 80 ans ? Ces sujets seront évoqués lors des 23e Journées européennes de Société française de cardiologie (SFC) qui débutent mercredi à Paris.
L’enjeu est d’importance alors que six millions de Français ont d’ores et déjà plus de 75 ans et que la part des octogénaires, qui représentent 5% de la population actuellement, devrait atteindre 10% en 2050.
Grâce aux progrès des traitements et de la prévention, un homme de 60 ans peut espérer aujourd’hui vivre encore 23 ans et une femme 27 ans”, relève le Pr Jean Ferrières, cardiologue toulousain, membre de la SFC.
Revers de la médaille, les maladies cardio-vasculaires se décalent progressivement vers des âges plus avancés où la thérapeutique est loin d’être simple”, redevenant la première cause de mortalité des Français avant le cancer. Chez les plus de 65 ans, ces maladies représentent 65% des motifs de consultation pour les hommes et 59% pour les femmes.
Mais, selon les cardiologues, la prudence doit rester de mise dans la prescription aux patients très âgés, les effets secondaires des médicaments étant mal connus pour cette population, généralement écartée des essais cliniques des laboratoires.

Longtemps considérée comme normale, liée au vieillissement physiologique, l’hypertension du patient âgé est aujourd’hui traitée même chez les plus de 80 ans. Il faut débuter le traitement par de faibles doses” précise le Pr Jacques Blacher de l’Hôtel Dieu, pour éviter le risque de chute.
Même circonspection pour les statines, des médicaments utilisés pour baisser le taux de cholestérol mais qui peuvent provoquer des douleurs musculaires, notamment chez les plus de 70 ans et chez les insuffisants rénaux.
Largement prescrits dans la prévention et la prise en charge des maladies thrombo-emboliques veineuses (phlébite, embolie pulmonaire) et dans certains troubles du rythme cardiaque, les médicaments anticoagulants sont également difficiles à manier chez les patients de plus de 75 ans, surtout s’ils ont un faible poids corporel, en raison d’un risque accru d’accidents hémorragiques.
La chirurgie a longtemps été le seul traitement disponible pour des pathologies comme le rétrécissement de la valve aortique, une valvulopathie qui touche 6% des personnes de plus de 65 ans. Mais un tiers des patients ne pouvaient pas être opérés en raison de leur fragilité ou de leur grand âge.
La situation est en train de changer avec le développement de valves implantables de façon non chirurgicale, seul espoir pour ces milliers de patients” selon le Pr Hélène Eltchaninoff, de Rouen. Il en va de même avec la maladie coronaire (rétrécissement d’une ou de plusieurs artères du coeur) où l’angioplastie percutanée (une intervention non chirurgicale effectuée à l’aide d’un cathéter) s’est imposée ces dernières années chez les plus âgés.
Quant à l’arrêt du tabac, il reste bénéfique à tout âge”, même s’il vaut mieux commencer tôt pour en bénéficier au maximum, selon le Pr Daniel Thomas, de la Pitié-Salpêtrière. Mais le médecin reconnaît aussi qu’il faut tenir compte du contexte et chez les sujets très âgés, respecter le choix personnel du fumeur… pour autant que ce choix ait été bien éclairé”.

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