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La contribution informelle des aidants évaluée à 164 milliards d'euros par an

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 11/02/2013

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Comment évaluer le chiffrage de la contribution informelle des aidants familiaux ? Des experts s’y emploient régulièrement, mais qui mieux que les aidants eux-mêmes peut répondre à cette question. Un groupe d’aidants s’est penché sur le calcul. Edifiant.

Pour chiffrer cette contribution, voilà comment nous avons procédé :

Nous sommes partis du fait qu’il y a entre 8 et 10 millions d’aidants familiaux en France (sources : enquête HAS 2008, sondage Novartis 2010, analyse des aidants aux Etats-Unis 2009, analyse des aidants au Royaume-Uni 2011).

Ces 8 à 10 millions d’aidants consacrent en moyenne l’équivalent d’une vingtaine d’heures par semaine
(sources : enquête MACIF 2008, analyse des aidants aux Etats-Unis 2009, analyse des aidants au Royaume-Uni 2011).

En adoptant le chiffre de 8,3 millions d’aidants de l’enquête HSA et la moyenne de 20 heures par semaine, et en valorisant l’heure de l’aidant familial au taux de 19 € par heure (nous avons regardé les tarifs des services à domicile selon le mode prestataire et le mode mandataire 2012, intégrant le tarif des services le WE, les valorisations de l’heure utilisées par l’association AARP aux Etats-Unis et CarersUK au Royaume-Uni pour ces mêmes calculs de la contribution informelle des aidants dans ces pays), la valorisation de la contribution informelle des aidants que nous faisons s’établit à 164 milliards € par an.

C’est un chiffre gigantesque et il peut faire réfléchir pas mal de gens. Nous ne voulons pas nous battre sur le chiffre de 164 milliards ou rien, mais nous ne voulons pas voir des estimations autour de 8 ou 10 milliards pour cette contribution informelle.

Trois raisons nous paraissent importantes pour que cette contribution informelle des aidants soit reconnue comme indicateur utile et valorisée :

1) Les aidants familiaux sont incontournables pour permettre aux personnes handicapées ou en perte d’autonomie de continuer à vivre à domicile. Cette aide est réalisée à un coût considérable au détriment des aidants familiaux. Si les aidants ne remplissaient plus leur rôle d’aide pour aider leur proche handicapé ou perte d’autonomie, la société devrait supporter ce supplément de coût astronomique, en réalité insupportable, le nombre de professionnels ne serait jamais suffisant pour le maintien à domicile, pas plus que le nombre de place d’accueil en établissement. C’est mettre en exergue la nette insuffisance des aides financières dans le soutien à domicile. C’est mettre aussi en évidence l’importance et l’urgence de la prise en compte des besoins que les aidants expriment tout comme ceux des personnes qu’ils accompagnent.


2) Aujourd’hui, un aidant sur deux ne se reconnait pas lui-même en tant qu’aidant. Un chiffrage reconnu et diffusé nationalement de la contribution informelle des aidants pourrait attirer l’attention de tous les aidants sur ce que peut signifier leur rôle d’aidant dans le futur, comment ils peuvent s’organiser et se prémunir autant que se peut des impacts négatifs comme le stress, la fatigue, l’épuisement, les difficultés financières. C’est un peu comme lorsque la Journée nationale des aidants a été instaurée en octobre 2010, et que peu à peu ensuite, le chiffre des 8 ou 9 millions d’aidants (handicap et dépendance réunis) s’est imposé.

3) Parce que le nombre de personnes handicapées ou dépendantes va continuer à croître, alors que le nombre d’aidants familiaux peut ne pas croitre au même rythme, la charge par aidant, mesurée en nombre d’heures peut augmenter considérablement, comme on le voit en Angleterre par exemple. Proposer une méthode d’évaluation de la contribution informelle des aidants reconnue par tous est de nature à favoriser la prise de conscience de l’enjeu majeur que représente la santé des aidants.”


Merci à Thérèse Olinnet de nous avoir transmis cette évaluation.

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