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Edito : la mort et la société

Auteur Rédaction

Temps de lecture 1 min

Date de publication 01/04/2013

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Après le rapport du Professeur Sicard sur la fin de vie, deux personnalités prennent la plume pour dégager ce qu’un éventuel projet de loi sur l’euthanasie (ou le suicide assisté) met en jeu.

La première, Marie de Hennezel, spécialiste des soins palliatifs et auteure de nombreux ouvrages sur la fin de vie, estime que ce n’est pas en instituant une assistance au suicide ou à l’euthanasie que l’on permettra à chacun de mourir dans la dignité.
Elle rappelle que François Mitterrand — qu’elle a accompagné dans ses derniers moments — (lire La mort intime”) craignait les dérives d’une éventuelle légalisation de l’euthanasie : je n’ai pas aboli la peine de mort pour la réintroduire sous une autre forme” avait-il dit.

L’interdit d’euthanasier oblige à réfléchir, à innover, constate Marie de Hennezel. C’est la solidarité humaine qui aide à partir, affirme-t-elle, encore faut-il être formé, informé. Elle regrette que l’on n’entende que les jeunes générations sur ces questions et que les propositions de la loi Léonetti soient si mal connues : possibililté de formuler des directives anticipées, de désigner une personne de confiance, sans oublier les solutions thérapeutiques pour soulager les souffrances…

Le professeur Emmanuel Hirsch affirme quant à lui que les décideurs politiques sont en position d’otages sur des simplifications instrumentalisées, type pour ou contre l’euthanasie”.
Il alerte sur le bouleversement de valeurs et de repères que la légalisation de l’euthanasie engendrerait. Mais il milite lui aussi pour agir et sortir de l’immobilisme : campagne de communication pour connaître ses droits, formations des personnels, déploiement des soins palliatifs. Il lance un manifeste pour une fin de vie dans la dignité.

En effet Qui voudrait mourir dans l’indignité ?”

Agir pour réintroduire la mort dans le cycle de vie, dans les rituels sociaux, dans la cité, voilà un bel enjeu politique au sens noble du terme.

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