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Pourquoi la durée de vie sans incapacités se réduit-elle ?

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 01/07/2013

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Une émission de France Culture, une étude de la Drees…

France Culture a consacré le 31 mai une émission à l’espérance de vie en bonne santé (Pourquoi l’espérance de vie en bonne santé diminue-t-elle ?) qu’il est encore possible d’écouter en podcast sur le site internet de France Culture. La Drees, organisme de recherche du ministère de la santé, rappelle de son côté que la longévité à la retraite est aussi le reflet des conditions sociales.
L’augmentation de l’espérance de vie, marqueur essentiel du progrès dans les sociétés occidentales, est aujourd’hui battue en brèche par une autre notion, celle de « durée de vie en bonne santé ». Pas facile à définir, certes. Mais l’indicateur « espérance de vie sans incapacité » (EVSI) permet de poser les jalons d’une vie sans limitations des fonctions essentielles telles que les aptitudes à se déplacer, se nourrir, se vêtir. Cet instrument destiné à mesurer la perte d’autonomie donne des résultats surprenants.

Le magazine Science et Vie de juin 2013 consacre un dossier aux nouvelles formes de longévité qui appuie sur le fait que l’allongement de la durée de vie « en forme » tend à se réduire. 74% des femme qui naissent en 2013 pourraient finir leur vie sans incapacité alors que ce taux était de 77% en 2004.

Plus la vie s’allonge, plus les problèmes de santé deviennent prioritaires. Ce phénomène ni prévu ni anticipé, concerne en premier les baby-boomers âgés aujourd’hui de 46 à 64 ans.

La réduction de la durée de vie en bonne santé pose plusieurs types de questions : le système de santé focalisé sur soin au lieu de la prévention est-il adapté ? L’industrie agro alimentaire qui met sur le marché des produits trop gras, trop salés ou trop sucrés peut-elle être incriminée, puis réformée ? Le tabac, l’alcool, la sédentarisation, l’absence d’activité sportive… deviennent ainsi des questions de société de plus en plus centrales.

Une étude de la DREES
La Drees (direction de la recherche du ministère de la santé et des affaires sociales) rappelle de son côté que l’espérance de vie à la retraite est le reflet des conditions sociales antérieures. À 55 ans, parmi les retraités nés en 1942 et résidant en France, les femmes peuvent espérer vivre 6,4 ans de plus que les hommes. Les hommes anciens cadres ont une espérance de vie majorée de 3,3 ans comparée à celle des anciens ouvriers, et les femmes anciennes cadres de 2,3 ans par rapport aux anciennes ouvrières.

Ces inégalités d’espérance de vie génèrent des différences de durée passée en retraite : 5,3 années de retraite séparent hommes et femmes et parmi les hommes, les cadres peuvent espérer percevoir leur retraite 2,8 années de plus que les ouvriers. Pour les femmes, à l’inverse, les différences de durée de retraite sont plus marquées entre cadres et ouvrières que les écarts de durée de vie. Leur amplitude est comparable à celle observée dans la population masculine.

Les durées de retraite varient selon le secteur d’activité, elles sont plus élevées pour les retraités du secteur public. Les personnes entrées précocement dans la vie active ont aussi une longévité inférieure au sein d’une même catégorie sociale. Par ailleurs, les durées de carrière proches des durées requises pour le taux plein correspondent aux espérances de vie les plus élevées.
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