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Trouver son lieu de vie

Ehpad, de l'enfer au 7eme ciel : compter sur des miracles ?

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 3 min

Date de publication 23/01/2023

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D’un côté c’est l’enfer avec des scandales étayés, comme l’enquête de Victor Castanet sur le groupe Orpea, prix Albert Londres, qui ressort en version augmentée ce 25 janvier.

C’est l’enfer de voir ces zones de non droits dénoncées par la défenseur des droits elle-même.

C’est l’enfer ces lieux d’enfermements, de contentions,
de défauts de soin, de maltraitances avec un personnel insuffisant (c’est toujours la défenseure des droits qui l’affirme et confirme les alertes des fédérations professionnelles depuis de nombreuses années). J’ajoute un personnel démuni, abandonné face à l’accompagnement de situations complexes : troubles du comportement, grabatisation, fins de vie, morts…

C’est l’enfer de voir les tarifs pratiqués,
sans contrôles indépendants, sans évaluations objectives de la qualité du prendre soin proposée. Voir cette semaine un zoom sur le contrat de séjour signé à l’entrée en Ehpad.

C’est l’enfer de découvrir, reportage après reportages, des images à sensation et à charge relayées par des médias en recherche d’audiences. 

C’est l’enfer de voir le poids s’alourdir sur les épaules des proches aidants sans que ceux-ci ne sortent gagnant de la réforme des retraite.

Alors que l
es centenaires sont déjà 30 000 en France en 2023 et seront 7 fois plus en 20260, serait-il possible d’inventer des lieux médicalisés, des Ehpad où il fait bon vivre, où l’on va vieillir et même mourir debout ? 

Serait-il possible d’y proposer des projets intergénérationnel intelligents, vivifiants, comme ce petit miracle” d’une classe de maternelle qui s’installe en Ehpad ?

Serait-il possible d’y vivre le grand amour, épanoui sexuellement, jusqu’au 7ème ciel comme le raconte cette série éponyme diffusée sur canal plus dès cette semaine ?

Serait-il possible de proposer des lieux ouverts, ressources du territoire pour aider à vieillir debout en luttant contre l’isolement, un fléau pointé ce 23 janvier : journée mondiale des solitudes ?

Vous ne me croyez pas ? Vous pensez que des Ehpad bientraitants, bienveillants n’existent pas ? 

Je vous invite à vous renseigner, à aller visiter autour de vous, à discuter avec les associations de personnes concernées. 

La Haute Autorité de Santé (HAS) a décrété un référentiel qualité obligatoire. Les établissements privés commerciaux, sous le feu des projecteurs avec l’affaire Orpea, ont dégainé une charte d’engagement. Des certification existent comme une norme Afnor et des Ehpad utilisateurs des savoirs de l’Humanitude (une démarche de formations-actions qui apaise 83% des soins difficiles), sont allés jusqu’à créé le 1er label de bientraitance du secteur : le label Humanitude.

Rien de miraculeux, rien de sensationnel.


Beaucoup d’humilité, d’énergie et de ténacité
témoignent les labellisés avec une vision assumée, partagée des principes bientraitants, positifs pour la qualité de vie des habitants et la qualité de vie au travail des professionnels. Beaucoup de travail, d’apprentissages, de remises en question et une démarche rigoureuse d’amélioration continue de la qualité (500 critères qui objectivent 5 principes de l’Humanitude).

Allez les voir. Ils sont ouverts (c’est un des principes du label Humanitude). La liste des labellisés et engagés vers le label est en ligne sur www​.lelabelhumanitude​.fr. S’il n’existe pas de labellisés ni de structures engagées vers ce label près de chez vous, invitez ceux que vous connaissez à aller leur rendre visite. Proposez leur mon ouvrage qui dresse le portrait des 10 premiers labellisés*.

Allez les aider, soutenez les, ne les accablez pas.


Emmenez aussi vos élus dans cette visite de ces lieux positifs
, pour qu’ils fassent bouger les lignes, les arbitrages, vers une vraie loi Grand Age ‑Autonomie dotée.

Pour passer de l’enfer au 7eme siècle, il n’y aura pas de miracles.

Mais beaucoup d’engagement et de travail.

Juste un espoir : c’est possible !

*“Vieillir debout, ils relèvent le défi” — Le label Humanitude aux éditions Chronique Sociale 

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