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Ehpad Val Montjoie : il ferme pour rouvrir, espère Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais (74)

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 3 min

Date de publication 25/08/2025

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Jean-Marc Peillex, le mairie de Saint-Gervais-les-Bains.

Au pied du Mont Blanc, la commune de Saint-Gervais-les-Bains en Haute-Savoie vit une décision exceptionnelle : la fermeture de l’Ehpad Val Montjoie par les autorités de tarification (Agence régionale de santé et conseil départemental) à la suite de signalements et deux inspections en février et juillet 2025. 52 résidents doivent trouver une solution dans les structures du territoire. Avec l’ambition de rouvrir un établissement public, espère Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais-les-Bains.

Ne pas agir, c’était devenir complice

Le torchon brûle depuis des années entre le maire de la commune et le gestionnaire associatif de cet établissement pour personnes âgées dépendantes de 80 places, qui accueille aujourd'hui 52 résidents.

Dès 2019, les médias locaux se sont fait l’écho d'une plainte que Bernard Bensaid, président de l’association Monestier, gestionnaire des Ehpad Le Val Montjoie et EHPA Les Myriams de Saint-Gervais, allait déposer contre le maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex, qu'il accusait de diffuser des informations mensongères sur les réseaux sociaux pour déstabiliser la direction.

Ce dernier a reçu Agevillage le 22 août dernier pour expliquer l'historique de la maison, passée de la gestion d'une congrégation religieuse à l'association Monestier (intégrée en 2014 au groupe Doctegestio, devenu Avec).

Les signalements se sont intensifiés au fil des années sur des dysfonctionnements, sur la qualité de l'accompagnement des résidents, l’organisation des équipes en sous-effectif chronique, de la part de familles et de salariés qui voulaient rester anonymes. « Nos injonctions à la suite de nos visites de conformités n'étaient pas suivies des travaux exigés (mises aux normes, accessibilité, sécurité des ascenseurs, des cuisines...) », précise le maire.

« Ne pas agir, c'était devenir complice » estime Jean-Marc Peillex, par ailleurs 3e vice-président du Conseil départemental délégué au tourisme, au lac et à la montagne.

Deux inspections ont été diligentées en février et juillet 2025 par l'Agence régionale de santé (ARS) et le Département. Dans un communiqué, les autorités précisent que « la dernière inspection a révélé des dysfonctionnements graves relatifs notamment à la gestion du personnel, l’organisation des prises en charge et aux conditions d’accueil dans des locaux inadaptés, de nature à porter gravement atteinte à la santé et à la sécurité des résidents ».

Lors de la visite à l'accueil de la résidence le 20 août, Agevillage a constaté des locaux fatigués, des matériels hors service, mais aussi trois résidentes paisiblement concentrées sur leurs activités dans la salle d'animation.

La décision de fermeture reste un choc pour les habitants de la commune ainsi que pour les salariés. Elle est exceptionnelle en France sur les 7 500 Ehpad existants.

Une administration provisoire de l'établissement a été décidée entre août et décembre 2025 pour laisser le temps aux résidents et leurs familles de trouver une solution : le plus souvent, une entrée dans un autre Ehpad de la région.

Ce délai de six mois évite une sortie en urgence – en ambulance – estime Jean-Marc Peillex. La commune travaille au cas par cas pour trouver des solutions à chaque situation. « Nous mettons ainsi à disposition des proches aidants, non motorisés nos transports à la demande pour faciliter la visite d'une épouse âgée à son mari, résident de l'Ehpad, qui sera relogé dans l'établissement le plus proche. »

Le PLU (Plan local d'urbanisme) oriente obligatoirement cette structure vers une activité sociale ou médico-sociale, précise le maire. « J'espère que le Département avec notre commune, le CCAS et les autres collectivités locales sauront proposer une reprise de l'établissement au regard des besoins de nos populations en situation de vulnérabilité. Il nous faudra plusieurs mois après la fermeture, le 31 décembre, pour remettre aux normes la structure, réorganiser les équipes et proposer un projet public à la hauteur d'une qualité d'accompagnement jusqu'au bout de la vie. »

La rédaction d'Agevillage va continuer de chercher à comprendre cette décision exceptionnelle de fermeture et suivre les suites pour cet Ehpad.

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