Aller sur la navigation Aller au contenu principal Aller sur la recherche

Etre aidant, être aidé

Jamais sans mon réseau : les réseaux d’aidants en question

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 20/12/2021

0 commentaires

Pourquoi les hommes construisent-ils des réseaux ? Comment les soutenir, les aider à fonctionner ? Les réponses de Nathan Stern, sociologue et « ingénieur social » à l’origine notamment de Peuplade.fr, un réseau de voisins, d’Avec nos proches ou encore Voisin-age (repris par les Petits frères des pauvres), à l’occasion des rencontres nationales de l’Association française des aidants.

Pourquoi avons-nous besoin de construire des réseaux ? A cause d’une crise des communautés historiques, des espaces de socialisation traditionnels — paroisse, syndicats, partis politiques -, répond Nathan Stern.

Le format réseau” correspond aussi à un refus des modèles pyramidaux, perçus comme chers, lents, dysfonctionnels.

L’avènement du numérique aide, aussi : les outils d’aujourd’hui sont facilitant, plus simples à utiliser. Ils se sont démocratisés durant la crise sanitaire.

Comment créer et faire vivre les réseaux ?

Nathan Stern conseille d’abord de partir de réseaux, de besoins existants plutôt que de les créer de toutes pièces.

Mais aussi de « porter attention aux leviers d’engagements qui peuvent être tus, déniés, non connus comme la recherche de rencontres (sexuelles parfois), la recherche d’argent (tarifs privilégiés, cadeaux, bonnes adresses), la recherche de pouvoir, de prestige ».

Ces leviers sont puissants et doivent être exploités en organisant des offres attractives, des accueils ou parcours VIP”, des reconnaissances d’engagement (prix, trophée, photos sur les réseaux)…

Autres recommandations : expliciter aux membres du réseau, les gratifications, les bénéfices individuels et collectifs qu’ils peuvent en tirer, mais aussi écouter leurs désirs.

Dans le cas des proches aidants, ces derniers expriment surtout qu’ils ne souhaitent pas être aidés eux, mais plutôt que l’on aide leur proche pour être eux-mêmes soulagés. Souvent, ils veulent aussi aider les autres, et soutenir les réseaux auxquels ils appartiennent.

Il convient aussi, précise Nathan Stern, de travailler la désirabilité, mais aussi la raison d’être du réseau, de rester collaboratif — par pour les membres mais avec eux -, et d’impliquer les acteurs : pourquoi ne recourent-ils pas aux services, aux aides existantes ?

« Faire partie d’un réseau offre des opportunités pour mieux faire, se sentir soutenu, armé », ajoute Nathan Stern.

Quels sont les critères de réussite ?

Comment créer un réseau qui fonctionne ? Pour le social designer, « un bon réseau c’est comme une soirée à laquelle on a envie d’aller sans chape morale ». Avec un mot clé : la liberté.

Parmi les exemples de réseaux réussis, il cite les cafés des aidants, le collectif Tenir ta main pour le droit de visite en Ehpad, ou encore Bonjour Fred, une communauté d’aidants en ligne.

Interroger les solidarités

La question des solidarités est aussi au centre du livre Les aidants entre solidarités privées et politiques publiques, dirigé par Jean-Jacques Amyot (membre du réseau national de consultants en gérontologie ARCG), paru en octobre aux éditions Eres.

Dans cet ouvrage collectif sont interrogés les solidarités à l’œuvre dans les relations d’aide, mais aussi l’éthique de la reconnaissance et de la coopération, le répit ou encore la question de la collégialité des décisions.

« En tant qu’aidante, j’ai dû régulièrement me battre pour défendre notre mode de vie, nos souhaits, pour être écoutée et entendue des professionnels », témoigne Nicole Chevalier à la fin de l’ouvrage.

Construire ou investir un réseau, c’est aussi porter sa voix plus haut.

Les aidants entre solidarités privées et politiques publiques
Sous la direction de Jean-Jacques Amyot
Avec la participation de Dominique Argoud, Nicole Chevalier, Jean-Philippe Cobbault, Isabelle Donnio, Isabelle Dury, Colette Eynard, Marie-Jo Guisset-Martinez, Jean Jallaguier, Olga Piou, Patrick Rothkegel, Anne Semard, Marion Villez, Alain Villez
Préface de Dominique Argoud, postface de Nicole Chevalier
Editions Eres
Octobre 2021
18 euros

Partager cet article