Etre aidant, être aidé
La médiation aidants-aidé, un outil au service de l’apaisement des conflits
Retour sur cinq ans de médiation aidants-aidés avant son déploiement en 2026
La médiation aidants-aidé est née en mars 2020, à l’initiative de l’Unaf (Union nationale des associations familiales), pour renouer le dialogue dans les familles et éviter les conflits autour d’une proche en perte d’autonomie. Cinq ans après, où en est-on ?
Le dispositif se déploie peu à peu. En 2020, il était disponible dans une vingtaine de départements. Aujourd’hui, 31 Unions départementales des associations familiales (Udaf) proposent ce service.
Concrètement, en cas de conflit avec ou concernant un proche aidé, l’aidant peut s’en saisir pour trouver une solution amiable et éviter que la situation ne dégénère.
« C’est un outil fondamental de l’accompagnement des personnes et de leurs proches », estime Anne Caron-Déglise, avocate générale à la Cour de cassation. Et notamment pour éviter les situations de maltraitance.
En ce sens, le proche aidé est systématiquement inclus dans le processus, même s’il souffre de troubles cognitifs. Les médiateurs lui réserveront toujours une place, plus ou moins importante selon ses possibilités. A minima, le proche sera informé qu’une médiation a lieu.
« C’est un facteur d’apaisement », note Jean-Philippe Vallat, directeur des politiques et actions familiales à l'Unaf.
La médiation aidant-aidé est ouverte à tous les aidants : il n’est pas nécessaire de répondre à la définition d’un aidant au sens du congé de proche aidant, par exemple.
Ces médiations sont financées par la caisse nationale d’allocation familiales, la Caisse nationale de la solidarité pour l’autonomie, et la participation des familles, qui reste minime.
Aujourd’hui, le service est facturé en fonction des ressources, avec un système de tarification fixe, comme pour la médiation familiale. Le barème démarre à 2 euros par personne et par séance, et est plafonné à 131 euros. En moyenne, une médiation aidants-aidés nécessite 2,3 séances.
La médiation aidants-aidé étant en quelque sorte une déclinaison plus spécifique de la médiation familiale classique.
« Les différentes problématiques familiales ne s’opposent pas. Une problématique conjugale peut aussi être une problématique d’aidance à certains moments », souligne Jean-Philippe Vallat.
D’ailleurs, les médiations aidants-aidés sont menées par des médiateurs familiaux diplômés d’Etat, mais qui ont suivi une formation complémentaire sur les problématiques du grand âge, du handicap, de l’aidance, de la protection juridique des majeurs.
Depuis 2020, la soixantaine de médiateurs formés a accompagné 4 411 familles, avec un taux d’accord de 50 % à l’issue du processus. Un bon résultat, car tout type de médiation confondu, ce taux se monte à 30 % au niveau national.
« La médiation permet aussi d’acter des désaccords, ce qui est également important », commente Pierre Flamand, chargé de mission à l’Unaf.
Au vu de ses résultats positifs, la médiation aidants-aidés devrait se déployer plus largement à compter de 2026, « au-delà du seul service des Udaf de façon plus ou moins progressive, selon les financements qui seront mobilisés », précise Jean-Philippe Vallat.
L’Unaf a aussi conclu un partenariat avec Clariane (Korian) pour faciliter l’accès au dispositif aux familles de résidents. « Souvent, la graine du conflit est déjà plantée au sein des familles quand les résidents arrivent en Ehpad, mais elle grandit et explose chez nous », observe Thomas Prétot, directeur de la médiation du groupe.
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