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Comprendre les fragilités

Le droit à une fin de vie libre et choisie au coeur des débats

Auteur Guillaume Vonthron

Temps de lecture 3 min

Date de publication 06/04/2021

1 commentaires

L’euthanasie bientôt autorisée en France ? Après avoir été adoptée en commission par les députés, la proposition de loi donnant le droit à une fin de vie libre et choisie sera examinée en séance publique à l’Assemblée nationale jeudi prochain.

La proposition de loi, portée par le député Olivier Falorni prévoit que toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu’elle juge insupportable” puisse avoir recours à une assistance médicalisée permettant, par une aide active, une mort rapide et sans douleur”.

Son examen à l’Assemblée nationale le 8 avril constitue donc une ouverture vers l’autorisation de l’aide médicalisée à mourir sur notre territoire. Même si les débats ont très peu de chance d’aboutir, dans la mesure où 3000 amendements ont été déposés sur le texte (dont 2300 émanant de députés Les Républicains).

Des manifestations de militants contre l’euthanasie sont également prévues devant l’Assemblée.

L’euthanasie dans le monde

Une aide à mourir déjà autorisée dans de nombreux pays. Il y a quelques semaines, le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV) publiait un panorama des législations sur l’euthanasie dans le monde.

Ainsi certains de nos voisins européens ont déjà adopté une loi autorisant une fin de vie choisie et d’autres, comme en France, s’orientent vers des décisions similaires.

Aux Pays-Bas, l’aide active à mourir est autorisée depuis déjà 20 ans, en Belgique depuis 2002 et depuis 2009 au Luxembourg. Des législations similaires existent aussi depuis des années en Suisse, aux Etats-Unis, au Canada ou encore en Australie.

Au Portugal et en Espagne les législations sur l’euthanasie sont votées et en cours de finalisation.

Toutefois, les législations dans ces pays ne mettent pas toujours fin aux débats, comme le précise le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie : dans les pays qui ont légiféré, l’intégralité des questions qui entourent la fin de vie ne se résolvent pas avec l’autorisation de l’euthanasie ou du suicide assisté, et cela même si certains choisissent après quelques années d’élargir les conditions d’accès à ces pratiques. Les problématiques posées par la prise en charge et l’accompagnement des fins de vie des personnes en phase de démence avancée, de celles atteintes de troubles psychiques importants, de celles ne souffrant pas d’une affection diagnostiquée par un médecin ou encore des mineurs et des nouveaux-nés demeurent, et sont encore discutées au même titre que dans les pays n’ayant pas légiféré sur l’euthanasie ou le suicide assisté”.

Consulter le Panorama des législations sur l’aide active à mourir dans le monde du CNSPFV

L’euthanasie racontée par une aidante

Le compte à rebours a commencé ce jour-là. Je t’ai entendu rentrer. La clé, ton pas traînant. Je me suis précipitée. Ça va ? 

J’ai le cœur en parfait état m’as-tu répondu, des poumons impeccables, des reins très sains — mon cœur battait déjà l’espoir -, à part ça tout va mal.

Ce jour-là Anne Dugast apprenait que son mari était atteint d’atrophie multi-systématisée (AMS), une maladie neurodégénérative rare, provoquée par la mort des neurones dans certaines régions du cerveau. 

A partir de ce funeste jour de décembre 2013, tu n’as plus pensé qu’à partir. En finir avant que la maladie en finisse avec toi. Surtout ne pas aller au bout de cette maladie. Tu voulais partir quand tu ne supporteras plus ton état, tes douleurs.

A travers ce récit intime et bouleversant, l’enseignante en Lettres Modernes, Anne Dugast revient sur le suicide assisté de son mari, de ce choix d’une mort programmée. 

Comment cette décision a été prise ? Comment vivre avec ? Sans tabou, l’auteure revient sur les derniers mois avec son mari et sur l’après”.

Je pensais à tes souffrances, puis à la fin, à ton apaisement, ta sérénité lors des derniers jours. Devais-tu passer par ces épreuves pour te réaliser ? Car si tu avais aimé les plaisirs de la vie, tu avais aussi cherché par ailleurs une forme d’absolu, d’abandon… La renonciation ultime donnant du sens à ta vie. Cela dépassait le débat sur l’euthanasie et renvoyait à l’accomplissement d’un destin…

Partir, le choix de l’euthanasie

Anne Dugast

Editions L’Harmattan

13 € — 105 pages

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Dechamp

Je voudrais rendre hommage à une dame avec qui j'ai partagé plein de moments inoubliables quand j'étais Présidente de la CASS.Elle a décidé d'aller en Suisse pour terminer sa vie par un suicide assisté.
Elle a eu un courage extraordinaire tout au long de sa maladie dont elle connaissait le caractère irréversible.
Cette dame c'est Paulette GUINCHARD qui a beaucoup fait pour les personnes âgées mais aussi pour les personnes en situation de handicap .